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Les pays de l’est de l’OTAN, notamment la Pologne, les trois États baltes, la Roumanie et la Bulgarie, connaissent une recrudescence d’attaques hybrides attribuées à la Russie, selon un rapport publié en août 2026. Ces nations, positionnées autour de la mer Baltique et de la mer Noire, sont particulièrement vulnérables en raison de leur proximité géographique avec la Russie ou le Bélarus et de leur soutien militaire à l’Ukraine.

Entre 2023 et 2024, le nombre d’attaques hybrides russes en Europe a quadruplé. De février 2022 à mars 2026, au moins 151 incidents attribués à des opérations russes ont été recensés. En Pologne par exemple, 44 personnes, dont des citoyens russes, bélarusses, ukrainiens et polonais, ont été arrêtées pour espionnage ou sabotage, impliquées dans des actions comme un incendie dans un centre commercial de Varsovie ou des plans d’attaques sur des voies ferrées acheminant des fournitures vers l’Ukraine.

Le 16 novembre 2025, deux sabotages majeurs ont dégradé des lignes ferroviaires polonaises, ce que le Premier ministre Donald Tusk a qualifié d’« acte de sabotage sans précédent ». Les autorités suspectent deux ressortissants ukrainiens agissant pour le compte du FSB russe, qui auraient fui vers le Bélarus.

À l’approche de l’élection présidentielle polonaise de 2025, les cyberattaques et campagnes de désinformation ont augmenté de manière significative. Le vice-Premier ministre Krzysztof Gawkowski a dénoncé une « ingérence russe sans précédent dans le processus électoral », avec un doublement des activités informatiques nuisibles envers la Pologne comparé à l’année précédente.

Dans les États baltes, les opérations d’influence visent à délégitimer les gouvernements, présenter l’OTAN et les États-Unis comme des puissances impérialistes, et qualifier les autorités locales de régimes russophobes. Des attaques par déni de service et autres cyberopérations perturbatrices ciblent infrastructures critiques, sites publics, médias, et secteurs financiers et de transport. Le vandalisme de monuments et symboles pro-Ukraine a aussi été suspecté d’avoir un lien avec les services russes, comme lors de l’agression du chef de cabinet de Navalny en Lituanie en mars 2024, attribuée à la Russie.

En Roumanie, 29 incursions non autorisées de drones russes ont été détectées dans son espace aérien, avec des débris atterrissant sur le territoire. Plus de 100 attaques russes contre des cibles ukrainiennes proches de la frontière roumaine ont été enregistrées. Notamment en mai 2026, un drone a chuté sur un bâtiment résidentiel à Galaţi, blessant deux personnes. Suite à plusieurs interceptions de drones russes par les F-16 roumains en juillet 2026, la Roumanie a rappelé son ambassadeur et expulsé un diplomate russe.

Enfin, la Bulgarie est confrontée à des cyberattaques provenant de groupes pro-russes et potentiellement à des opérations de sabotage visant son industrie de défense. Le pays affiche un paysage politique instable et polarisé, rendant sa société vulnérable à la manipulation et à la désinformation. En préparation des élections parlementaires d’avril 2026, des efforts nationaux et européens ont été déployés pour contrer ces menaces hybrides.

Sources : ukdefencejournal