Le Royaume-Uni a donné son accord pour partager des informations classifiées sur la technologie des composants britanniques du missile de croisière longue portée Storm Shadow, ouvrant ainsi la voie à l’assemblage local de ce missile en Ukraine. Cette décision intervient à l’occasion de la visite du Premier ministre britannique, Andy Burnham, à Kyiv le 24 août, date du 35e anniversaire de l’indépendance ukrainienne.
Le Storm Shadow est la désignation britannique d’un missile air-sol de longue portée, dont la version française porte le nom de SCALP-EG. Ce missile est conçu pour frapper des cibles fixes importantes à grande distance, permettant à l’appareil lanceur de rester hors de la zone dangereuse, tandis que le missile suit une trajectoire basse vers sa cible. Le SCALP-EG dispose d’une portée estimée entre 250 et 300 kilomètres.
Grâce à cette nouvelle autorisation, la société MBDA pourra transmettre des données techniques protégées concernant les composants britanniques au sein du programme franco-britannique, facilitant ainsi la mise en place d’une ligne d’assemblage en Ukraine. Ce transfert de savoir-faire marque une étape majeure vers la production locale de missiles de croisière longue portée pour l’Ukraine, renforçant sa capacité à maintenir son potentiel de frappe à distance sans dépendre uniquement des livraisons à l’étranger.
Le Premier ministre Burnham a affirmé : « Le peuple ukrainien ne doit avoir aucun doute : le Royaume-Uni est à vos côtés pour aujourd’hui et pour aussi longtemps qu’il le faudra ». Il a aussi souligné que ce soutien s’inscrit dans la volonté britannique d’assurer une paix juste et durable en Ukraine, avec un engagement financier conséquent incluant 16 milliards de livres sterling d’aide militaire.
Ce dispositif vient s’ajouter à Project Brakestop, un programme britannique visant à développer rapidement des armes de frappe longue portée plus abordables et produites à plus grande échelle, témoignant ainsi de la double volonté du Royaume-Uni :
- transférer une technologie avancée existante pour un assemblage local en Ukraine,
- et soutenir la conception et la fabrication de nouveaux systèmes d’armes.
Par ailleurs, la France a annoncé en juillet son intention de fournir une licence à l’Ukraine pour produire le missile SCALP, dont l’assemblage en Ukraine était soumis à l’approbation britannique préalable, désormais obtenue.
Enfin, cette collaboration européenne s’inscrit dans un contexte de solidarité occidentale renforcée face aux menaces russes persistantes, tandis que Kyiv cherche à accroître son autonomie militaire.
