L’US Army engage un tournant stratégique en attribuant des contrats pour la construction et l’exploitation d’installations de raffinage de minéraux critiques sur ses bases militaires. Cette initiative vise à réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers pour les matériaux indispensables aux systèmes de défense.
Quatre sites sont concernés : le dépôt d’Anniston en Alabama, l’arsenal de Pine Bluff en Arkansas, le dépôt de Red River au Texas et celui de Tooele dans l’Utah.
Dans le cadre de ces projets, la société new-yorkaise Titan Mining sera chargée du raffinage du graphite, tandis que EnergyX, basée au Texas, traitera le lithium.
Par ailleurs, l’entreprise australienne Ioneer s’occupera du bore, et la société floridienne REalloys développera le traitement des terres rares, notamment le dysprosium et le terbium.
Ces opérations, intégrées au programme Strategic Capital Initiatives de l’US Army, représentent la première fois qu’un traitement commercial de minéraux critiques se déroulera directement sur des bases militaires américaines.
Dr Jeff Waksman, principal adjoint au secrétaire assistant pour les installations, l’énergie et l’environnement, a souligné l’importance de ce projet : « La capacité à traiter des minéraux critiques sur le sol américain est une priorité de défense nationale, essentielle pour la production de munitions, missiles, capteurs, batteries et les plateformes sur lesquelles nos soldats comptent. »
Des opérations prévues dès 2028 sous conventions de location
Les sociétés partenaires financeront, construiront et exploiteront ces installations via des baux à usage accru (« Enhanced Use Lease »), la propriété des terrains restant à l’Armée.
Au lieu d’un loyer classique, les entreprises fourniront des améliorations infrastructurelles et céderont une part de la production minérale traitée à l’armée.
Le démarrage des travaux pourrait intervenir en 2027, avec une mise en service envisagée en 2028, sous réserve des autorisations environnementales et de la finalisation des accords de location.
Le consortium devrait injecter environ 2 milliards de dollars dans ces projets, selon The Wall Street Journal.
David Fitzgerald, sous-secrétaire adjoint de l’Armée, a commenté : « Cela confirme la théorie du secrétaire à l’Armée : nous pouvons fonctionner différemment, au bénéfice de l’Armée et de l’industrie, et obtenir les ressources essentielles dans des délais qui auraient été inimaginables il y a 18 mois. »