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Le projet de la Marine américaine de construire une nouvelle classe de cuirassés à missiles guidés, estimée entre 17,6 et 18,9 milliards de dollars pour le premier bâtiment, soulève de nombreuses interrogations sur le coût, les risques techniques et les conséquences budgétaires.

Les chiffres proviennent du Congressional Budget Office et ont été actualisés au 20 janvier 2026. Ils s’appuient sur une estimation en dollars constants de l’année 2025 et supposent un déplacement d’environ 35 000 tonnes pour ces navires. Le coût du premier bâtiment inclut l’intégralité des frais non récurrents de conception, une pratique habituelle de la Marine visant à concentrer ces dépenses sur le navire initial. Les navires suivants seraient évalués à environ 12,2 à 13,1 milliards de dollars chacun, selon le rythme d’acquisition et d’autres paramètres.

Pour mettre ces montants en perspective, un destroyer de la classe DDG-51 coûte environ 2,7 milliards de dollars lorsqu’il est commandé deux par an. Le porte-avions CVN-81, entré en fabrication en 2019, affiche un coût estimé à 15,2 milliards de dollars selon le budget 2026, ce qui reste inférieur au prix du premier cuirassé prévu.

Concept tactique et critiques
La nouvelle classe est destinée à s’inscrire dans le concept de Distributed Maritime Operations de la Marine, qui vise à répartir capteurs et armements entre un large éventail de plateformes. Certains experts questionnent la pertinence de regrouper une telle puissance dans un unique navire, jugeant que cela pourrait aller à l’encontre de l’objectif d’éviter de « mettre tous ses œufs dans le même panier ».

Conséquences sur le budget et la flotte future
L’apparition de ces cuirassés aura aussi des impacts sur le financement d’autres priorités navales, notamment puisque le projet semble entraîner la suspension du programme DDG(X), une nouvelle classe de destroyers plus légère (environ 14 500 tonnes) initialement prévue pour le début des années 2030.

Risques techniques
Le projet comporte plusieurs zones d’ombres techniques, notamment en ce qui concerne l’intégration de nouvelles technologies telles que le canon électromagnétique (railgun) et des lasers de haute puissance, qui nécessitent encore un développement important pour être opérationnels à l’horizon 2030.

Calendrier et portée
Les premières annonces de contrats relatifs à la conception ont été publiées fin décembre 2025, avec une période d’exécution estimée à six ans. La construction des navires pourrait débuter au début des années 2030, pour une entrée en service possible vers la fin de la décennie ou autour de 2040. La flotte envisagée comprendrait entre 15 et 25 navires, dans le cadre d’un nouveau plan de force appelé « Golden Fleet », qui succédera à l’actuel programme de 381 navires.

Dénomination
Le navire de tête devrait porter le nom Defiant, et la classe pourrait être désignée sous le nom de classe Defiant ou Trump.

Sources : ukdefencejournal