Quatre chasseurs Rafale de l’Armée de l’air française ont quitté la base d’Istres pour un déploiement de 40 jours baptisé Pegase 26, couvrant environ 40 000 kilomètres à travers l’Arctique, l’Indo-Pacifique et le Moyen-Orient.
La mission comprend neuf escales réparties sur trois continents. La flotte est composée de deux Rafales monoplace et deux biplaces, appuyés par trois ravitailleurs A330 MRTT, deux avions de transport A400M et près de 300 personnels.
Ce déploiement vise à tester la capacité de la France à projeter et soutenir ses avions de combat sur de longues distances tout en améliorant la coordination avec les forces aériennes partenaires. Lors du premier tronçon, les Rafales ont survolé le Groenland avant d’atteindre l’Alaska, après un vol de près de 11 heures ponctué de cinq ravitaillements en vol.
Les équipages se sont exercés en coopération avec des avions de chasse américains, avant de poursuivre la mission dans la région indo-pacifique avec des activités conjointes impliquant le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie et l’Inde. Le transit vers le Golfe via le Qatar précédera la phase finale en Égypte.
Un axe nord inédit et un contexte géopolitique tendu
Depuis 2018, la France réalise des déploiements Pegase, mais Pegase 26 est le premier à emprunter une route nord passant par le Groenland et l’Alaska. Cette trajectoire offre une alternative stratégique pour rejoindre l’Indo-Pacifique et permet aux équipages d’évoluer en conditions arctiques.
Cette opération intervient alors que les tensions s’intensifient dans le Grand Nord. Les déclarations du président américain Donald Trump sur un possible contrôle du Groenland, territoire danois à autonomie, ont ravivé les enjeux au sein de l’OTAN. Par ailleurs, la Russie critique l’accroissement de la présence de l’Alliance en Arctique, son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov estimant que ces exercices constituent une menace pour la sécurité russe et accroissent les risques de confrontation militaire.
