Environ 5 200 militaires engagés dans les services médicaux, affectés à un centre de formation sanitaire au Texas, ont été contraints de quitter leurs dortoirs en raison de « défaillances systémiques de l’infrastructure » liées à des malfaçons de construction, a déclaré un porte-parole de la base.
Le Medical Education and Training Campus (METC) situé sur la base conjointe de San Antonio-Fort Sam Houston, au Texas, accueille chaque année près de 16 500 membres du service engagés dans des formations médicales spécialisées. Parmi eux, environ 5 200 étudiants en médecine militaire, issus de l’Armée de Terre, de la Marine et de l’Armée de l’Air, sont affectés dans ces dortoirs récemment évacués.
Depuis le 11 juillet, près de 2 000 étudiants ont déjà quitté ces logements collectifs en raison de « problèmes persistants liés aux systèmes de climatisation », a précisé un porte-parole de la base conjointe de San Antonio. Les investigations menées par plusieurs médias régionaux, notamment le San Antonio Express-News, évoquent des problèmes de moisissures et des défauts structurels majeurs à l’origine de cette évacuation.
Des défauts de construction irréparables
Le porte-parole a indiqué que les « vices fondamentaux » des bâtiments ne pouvaient être corrigés par des opérations classiques de maintenance ou des réparations ponctuelles. En conséquence, les dortoirs seront démolis. En attendant, les étudiants sont relogés dans des hébergements temporaires situés au sein même de la base.
« Les étudiants réintégreront le campus une fois que les nouvelles infrastructures auront été construites », a-t-il ajouté. « Une coordination est en cours pour réduire au maximum les délais de construction tout en garantissant que les nouvelles installations respectent les normes requises. »
Les responsables de la base souhaitent lancer le chantier de reconstruction avant la fin de l’année. Aucune précision n’a été toutefois communiquée concernant la durée totale du processus de réinstallation des étudiants dans leurs nouveaux logements.
Un problème récurrent dans les casernes militaires américaines
Les difficultés liées aux conditions de vie dans les casernes et autres logements militaires sont une problématique bien connue au sein des forces armées américaines. Un rapport du Government Accountability Office publié en 2023 a identifié de nombreux problèmes dans dix installations militaires, tels que la présence de moisissures, des infestations de cafards, punaises de lit, rongeurs, ainsi que des problèmes d’assainissement et de qualité de l’eau.
Face à cette situation, le Département de la Défense a sollicité auprès du Congrès une enveloppe budgétaire de 57 milliards de dollars pour l’exercice fiscal 2026, dont une part importante doit être consacrée à la rénovation des logements militaires. Par ailleurs, une task force spéciale du Pentagone investit 1,2 milliard de dollars pour améliorer les casernes à travers les différentes branches des forces armées.
Les problèmes d’infrastructure ne se limitent cependant pas aux logements. Des difficultés d’accès aux installations de restauration sur base ont également été signalées, parfois en raison de problèmes d’entretien.
Les militaires de rang subalterne vivant en caserne dépendent en grande partie des cantines collectives pour leurs repas, dont le coût est partiellement prélevé sur leurs soldes afin de couvrir les frais de fonctionnement.
Plus récemment, un centre de restauration à Fort Hood, Texas, a été fermé après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant des cafards dans les zones de préparation des aliments. Ce phénomène a été confirmé par les autorités de la base, qui ont immédiatement pris la décision de fermeture temporaire du site.