Trois semaines après sa signature, le mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran semble rapidement s’effriter. Malgré une accalmie temporaire due au cessez-le-feu d’avril, suivie de la signature de l’accord, les deux parties ont poursuivi des escarmouches, évitant toutefois une reprise totale des hostilités. Pourtant, cet accord est fragilisé par des accusations réciproques de violations et de mauvaise foi qui le minent progressivement.
Une série d’attaques contre des pétroliers autour du détroit d’Ormuz, dernière démonstration de l’Iran pour affirmer son contrôle sur ce point de passage stratégique, a conduit l’administration Trump à retirer un des leviers financiers clés de l’accord. Le 7 juillet, le département du Trésor a annulé la licence générale de 60 jours autorisant la vente de pétrole et de produits pétrochimiques iraniens. Les États-Unis ont enchaîné avec des frappes contre des actifs navals et systèmes défensifs iraniens. En riposte, l’Iran a mené des attaques à l’aide de drones et de missiles contre des bases au Qatar, au Koweït et à Bahreïn.
Si, comme l’a laissé entendre Donald Trump mercredi, les États-Unis rétablissent un blocus naval ou intensifient leurs frappes, les négociations intermittentes risquent d’être rapidement dépassées par une escalade militaire plus large.

Parade de véhicules militaires iraniens. Image : Hadi Hirbodvash via Wikimedia Commons
En Russie et Ukraine, la fréquence des attaques à l’aide de missiles et de drones s’est intensifiée ces deux dernières semaines. L’attaque la plus meurtrière a frappé Kiev le 2 juillet, causant au moins 22 morts et des dizaines de blessés. Le ministère russe de la Défense a présenté cette opération comme une riposte aux frappes ukrainiennes sur des infrastructures civiles en Russie. Moscou affirme avoir visé des installations militaires, énergétiques et des bases aériennes dans plusieurs régions.
La vulnérabilité de l’Ukraine s’accentue face à ces attaques du fait d’une pénurie de systèmes de défense aérienne, particulièrement d’intercepteurs de missiles. La rareté mondiale de ces intercepteurs limite les solutions à court terme. L’annonce du 8 juillet concernant une possible autorisation américaine pour l’Ukraine de produire des intercepteurs Patriot pourrait constituer une réponse à long terme, mais sa mise en œuvre prendra plusieurs années.
De leur côté, les forces ukrainiennes ont causé des dégâts importants à l’infrastructure énergétique et militaire russe, frappant notamment des raffineries à Omsk, Saratov et Nizhnekamsk, des usines pétrochimiques au Tatarstan et en Bachkirie, un système de défense antimissile à Briansk, ainsi qu’une base aérienne à Voronej. Par ailleurs, l’Ukraine maintient son blocus par drones sur la Crimée, provoquant des coupures d’électricité régulières et un affaiblissement des liaisons de transport vers la Russie, ce qui a conduit les autorités locales à décréter l’état d’urgence.
Malgré des pénuries croissantes de carburant et des difficultés logistiques dans les territoires occupés, Vladimir Poutine continue de véhiculer un discours de détermination et de succès sur le champ de bataille. Lors de sa visite à un poste de commandement le 7 juillet, il a affirmé, de manière erronée, avoir « libéré » plus de 3 000 km² de territoire en 2026. En réalité, les gains russes cumulés de janvier à juillet n’atteignent qu’environ 97 km².

Conséquences d’attaques russes sur la ville de Vyshneve, le 6 juillet. Image : Administration régionale de Kiev via Wikimedia Commons
En Chine, le 6 juillet, un rare test de missile balistique lancé depuis un sous-marin a été réalisé dans le Pacifique. Les experts y voient une démonstration des capacités renforcées de triade nucléaire et de dissuasion stratégique chinoises, un test qui alimente naturellement les inquiétudes sécuritaires dans la région.
Quelques jours plus tôt, le 1er juillet, la Chine a officiellement mis en application la Loi sur la solidarité ethnique et le progrès, imposant à tous ses citoyens de soutenir l’unité nationale et la solidarité ethnique. Cette loi suscite la critique des dissidents tibétains, ouïghours ainsi que de gouvernements occidentaux. Pékin a rejeté ces accusations, accusant l’Occident de déformer ses intentions réelles.
Le même jour, le Parti communiste chinois a célébré le 105e anniversaire de sa fondation. Lors du discours à ses cadres, le secrétaire général Xi Jinping a réaffirmé sa volonté de transformer l’Armée populaire de libération en force militaire de classe mondiale, réitérant le contrôle absolu du Parti sur l’armée et promettant de poursuivre la politique de réunification avec Taïwan.

Manifestation pro-Tibet à Paris en avril 2008. Image : Peter Krefting via Wikimedia Commons
En Corée du Nord, Kim Jong Un a assisté aux essais d’armes depuis son deuxième destroyer de 5 000 tonnes, qui doit être intégré à la flotte dans les prochains mois. L’exercice a inclus le lancement de dix missiles de croisière stratégiques, capables potentiellement de transporter des ogives nucléaires vers la mer de l’Est, ainsi que des essais d’artillerie, de guerre électronique et de mitrailleuses automatiques. La Corée du Nord a mis en service un navire similaire l’an dernier et prévoit d’en déployer un dans les mers de l’Ouest et de l’Est afin d’accroître sa capacité de projection navale.
Le dirigeant nord-coréen a également adressé un message de félicitations au secrétaire général chinois Xi Jinping à l’occasion du 105e anniversaire du Parti communiste chinois. Ce message a salué la visite historique d’État de Xi à Pyongyang le mois précédent, sa première en sept ans, témoignant d’un redressement des relations sino-nord-coréennes après une période de refroidissement liée à l’alignement de Pyongyang sur Moscou.
Selon un rapport récent de la société américaine de cybersécurité TRM Labs, les acteurs étatiques nord-coréens auraient généré près de 650 millions de dollars par des cyberattaques visant les cryptomonnaies au premier semestre 2026, ce qui représente deux tiers du total mondial. Cette révélation intervient deux semaines après la création d’un groupe de travail trilatéral entre les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon, chargé de coordonner les actions des forces de l’ordre et du secteur privé contre ces activités cybercriminelles. Les revenus issus de ces opérations illicites, combinés aux ventes d’armes russes, permettent à Pyongyang de compenser l’impact des sanctions internationales et de financer ses programmes d’armement.

Kim Jong Un observe un essai d’armement le 26 juin 2026. Image : KCNA
Sur le front jihadiste, le 6 juillet, les autorités marocaines ont arrêté dix personnes, dont un mineur, dans plusieurs villes du pays, soupçonnées d’appartenir à un réseau d’opérations extérieures de l’État islamique. Selon les responsables, ce groupe avait prêté allégeance au chef de l’État islamique et préparait des attentats avec un soutien logistique et opérationnel de la province du Sahel de l’État islamique. Les forces de l’ordre ont saisi des armes, des uniformes militaires, des instructions pour la fabrication d’engins explosifs, ainsi qu’un véhicule potentiellement destiné à une attaque par ramming ou un attentat suicidaire.
Ces arrestations confirment des liens établis entre la province du Sahel de l’État islamique et des opérations extérieures au Maroc. Les autorités marocaines ont déjà démantelé des cellules similaires, y compris deux impliquant l’Espagne en mars 2026 et juillet 2023, ainsi qu’une autre active dans neuf villes marocaines en février 2025. Ce schéma indique que, malgré l’apparente distance du conflit sahélien, sous influence russe et des juntes locales, l’État islamique demeure une menace tangible pour l’Occident. Sans réponse adéquate, ces réseaux pourraient renforcer leurs liens avec des acteurs jihadistes occidentaux, augmentant le risque d’attentats futurs.
