Article de 596 mots ⏱️ 3 min de lecture

Israël a renouvelé ses frappes au Liban dimanche, selon les médias d’État libanais, seulement deux jours après la signature d’un accord-cadre entre les deux pays, un texte que le Hezbollah a vivement critiqué, avertissant qu’il pourrait provoquer un « conflit intérieur ».

Ces frappes interviennent un jour après qu’une personne a été tuée lors d’une attaque israélienne dans le sud du Liban, selon le ministère libanais de la Santé. L’armée israélienne a précisé avoir visé des membres du Hezbollah dans ce qu’elle qualifie de « zone de sécurité », une bande située à environ 10 kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.

L’Agence nationale d’information (ANI), média d’État libanais, a rapporté plusieurs frappes dimanche. De son côté, l’armée israélienne a annoncé qu’un soldat « est tombé au combat » dans le sud du Liban.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit au Moyen-Orient en mars dernier, tirant des roquettes vers Israël en représailles à l’élimination, lors de frappes conjointes israélo-américaines, du leader suprême iranien. Israël avait alors riposté par des bombardements aériens massifs et une incursion terrestre.

Le président libanais Joseph Aoun a affirmé à son homologue américain Donald Trump, samedi, que le Liban « assumerait ses responsabilités » dans la mise en œuvre de l’accord-cadre, signé vendredi à Washington après cinq cycles de négociations.

Ce texte vise à ouvrir la voie à la paix entre Israël et le Liban, officiellement en état de guerre depuis plusieurs décennies. Il conditionne le retrait des forces israéliennes des territoires libanais occupés au désarmement du Hezbollah, soutenu par l’Iran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié cet accord d’« historique ».

Militant farouchement contre les négociations avec Israël depuis leur origine, le Hezbollah rejette catégoriquement cet accord. Le numéro deux du mouvement, Naim Qassem, a déclaré samedi que le texte serait considéré comme « nul et non avenu », le qualifiant de « renoncement à la souveraineté ». Ses partisans sont descendus dans la rue vendredi soir pour manifester leur opposition.

Dimanche matin, un correspondant de l’AFP a observé la destruction de panneaux affichant « Le Liban d’abord » le long de la route de l’aéroport de Beyrouth, qui borde les banlieues sud de la capitale, zone fidèle au Hezbollah. Ces affiches succédaient à d’anciens panneaux exprimant la gratitude envers l’Iran, récemment retirés.

Le député Hezbollah Hassan Fadlallah a affirmé dimanche que « l’accord d’humiliation et de disgrâce signé par les autorités ne verra jamais le jour ». Il a ajouté que les actions des autorités constituaient une « trahison visant à plonger le pays dans le chaos et à déplacer le conflit de l’extérieur vers un conflit interne ».

Selon le texte publié par le département d’État américain, le Liban et Israël ont exprimé leur intention de « mettre fin définitivement au conflit, de traiter ses causes profondes et de conclure formellement tout état de guerre entre eux ».

Conformément à l’accord, l’armée libanaise doit « restaurer une autorité souveraine effective sur l’ensemble du territoire libanais, sous réserve du désarmement vérifié des groupes armés non étatiques ».

Cependant, le ministre israélien de la Défense Israel Katz a insisté sur le fait que les troupes israéliennes resteraient présentes au Liban tant que le Hezbollah resterait armé.