Article de 460 mots ⏱️ 3 min de lecture

La Grèce a approuvé l’acquisition d’un système de défense aérienne multicouches auprès d’Israël, pour un montant de près de 3,5 milliards d’euros (4 milliards de dollars). Ce nouveau système sera accompagné de plusieurs types de drones issus de divers fabricants et de l’achat de l’avion de transport militaire C-390 d’Embraer, a annoncé jeudi le ministre grec de la Défense.

Le Conseil de sécurité grec, la KYSEA, avait donné son feu vert initial au début de l’année, avant de valider définitivement les contrats ce jeudi, a précisé Nikos Dendias aux journalistes.

La Grèce souhaite ainsi mettre en place un dispositif de défense antibalistique, antiaérien et anti-drones baptisé « Escudo de Aquiles » (Bouclier d’Achille). Ce système intégrera des radars israéliens et des missiles fournis par les groupes de défense Rafael et Israel Aerospace Industries (IAI), qui constitueront le cœur de cette nouvelle capacité.

« Il sera opérationnel dans 35 mois à compter d’aujourd’hui », a indiqué Nikos Dendias, ajoutant que la production locale en Grèce couvrira au minimum 25 % de la fabrication du système.

Actuellement, la Grèce utilise des systèmes Patriot américains ainsi que des anciens systèmes russes S-300 pour assurer la protection de son espace aérien. Dans le cadre d’un vaste programme de modernisation, Athènes prévoit d’investir environ 28 milliards d’euros dans ses forces armées d’ici 2036.

Cette modernisation comprend notamment l’achat prévu de jusqu’à 40 avions de combat F-35 auprès des États-Unis, ainsi que des frégates commandées à la France et à l’Italie.

Par ailleurs, Dendias a déclaré que la KYSEA avait également donné son accord pour l’achat de trois avions de transport militaire C-390, ainsi que de 10 minisubmersibles VICTA d’origine britannique destinés aux opérations spéciales. La commande inclut aussi plusieurs drones américains V-BAT et israéliens Heron.

La Grèce consacre près de 3,5 % de son produit intérieur brut à la défense, un effort budgétaire supérieur à celui de nombreux pays membres de l’OTAN, ce qui s’explique notamment par son différend durable avec la Turquie.

En outre, les liens économiques et diplomatiques entre la Grèce et Israël sont solides. Les deux pays exploitent conjointement un centre d’entraînement aérien sur le sol grec, participent à des exercices militaires annuels en coopération et développent des collaborations dans le domaine des systèmes anti-drones et de la cybersécurité.

En 2023, Athènes avait déjà acquis 36 systèmes d’artillerie à roquettes israéliens pour un montant d’environ 650 millions d’euros.

Lefteris Papadimas