Kemi Badenoch, dirigeante conservatrice britannique, a appelé à une augmentation des dépenses de défense à 3 % du PIB d’ici 2030, soulignant un risque de conflit majeur avec la Russie dans les quatre prochaines années.
Lors d’un discours sur la défense nationale, elle a affirmé que « la Grande-Bretagne pourrait être en guerre avec la plus grande puissance nucléaire mondiale » d’ici 2030, rappelant l’article 5 de l’OTAN qui stipule qu’une attaque sur un pays membre est une attaque contre tous. Cette menace s’ajoute aux cyberattaques, aux activités navales russes dans la Manche et aux menaces sur les câbles sous-marins essentiels aux infrastructures numériques britanniques.
Badenoch a élargi la notion de sécurité nationale en insistant sur l’importance de la cybersécurité, de la sécurité énergétique et de la résilience du pays au-delà des forces militaires conventionnelles. Elle a déclaré : « La sécurité nationale, ce n’est pas seulement des tanks, des avions ou des troupes au sol ».
Comparant le Royaume-Uni à d’autres membres de l’OTAN, elle a noté les efforts de nations telles que la Pologne, l’Allemagne et la Grèce, cette dernière consacrant déjà environ 3,5 % de son PIB à la défense. Pour elle, « être une île ne protège pas de la guerre qui approche », et il est urgent d’agir.
Le parti conservateur propose une hausse annuelle des dépenses de défense pour atteindre cet objectif, soit une augmentation d’environ 10 milliards de livres par an d’ici 2029/2030 par rapport aux prévisions actuelles. Ce financement serait assuré par des réductions dans les dépenses sociales, la suppression de certains avantages fiscaux, ainsi que la réorientation de fonds issus du British Business Bank et d’autres sources.
Badenoch a insisté sur les choix difficiles nécessaires, affirmant : « La défense n’est pas dissociée de l’économie. La responsabilité budgétaire fait partie intégrante de la sécurité nationale ». Elle a également réitéré la proposition d’un Fonds souverain de défense à hauteur de 17 milliards de livres, destiné à soutenir la préparation militaire et la base industrielle de défense britannique.
Pour conclure, elle a averti : « La Russie attaquera un pays qu’elle perçoit comme faible. Elle n’attaquera pas un pays fort. Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre. »
