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La Royal Navy envisage de prolonger la durée de vie des destructeurs Type 45, initialement prévus pour être retirés entre 2035 et 2038. Le ministère britannique de la Défense a réservé des fonds pour une étude visant à déterminer si cette extension est nécessaire, une décision qui sera prise entre 2027 et 2028.

Cette réflexion intervient dans un contexte de changement du programme de remplacement de ces navires. Le projet Type 83 a été abandonné au profit d’une vision de marine hybride combinant des bâtiments de combat communs (CCV) et des plateformes non tripulées. Ce modèle, cependant, reste à consolider et la livraison des premiers CCV est envisagée au début des années 2030, avec au moins six unités prévues pour remplacer les Type 45.

Les CCV feront office de centres de commandement pour les plateformes de missiles Type 91 et les postes de surveillance radar Type 94, abandonnant le concept traditionnel de destroyers autonomes. Toutefois, ce système distribué, plus complexe, dépend fortement d’une chaîne de communication sécurisée et résistante aux attaques électroniques.

Par ailleurs, la Royal Navy investit déjà dans d’importants programmes de modernisation des Type 45. Le Projet d’Amélioration de la Puissance (PIP) vise à remplacer les générateurs diesel, moderniser les turbines à gaz WR21, et augmenter la capacité électrique pour accueillir de futures armes et capteurs. Ce programme, qui s’achèvera vers 2032, répond à des problèmes de propulsions récurrents et augmente significativement la fiabilité du système de propulsion.

Ces destroyers verront leur capacité de missile Sea Ceptor portée de 48 à 72 cibles grâce à 24 nouvelles cellules, avec le HMS Defender premier à recevoir cette amélioration. Parallèlement, le système d’armes Sea Viper est en cours de modernisation, incluant des missiles Aster 30 Block 1 et des améliorations radar et de gestion de combat, avec une future phase dédiée à la version Block 1NT adaptée aux menaces balistiques.

La durée de vie prolongée, notamment par une éventuelle extension de la flotte à six unités, pourrait servir de pont le temps que les CCV et les plateformes Type 9X soient prêts et opérationnels. Le maintien d’une capacité de défense aérienne efficace est considéré comme vital face à la prolifération croissante des menaces, notamment drones et missiles.

L’étude devra valider plusieurs conditions essentielles avant tout retrait complet des Type 45 : maturité des systèmes de combat CCV, fiabilité opérationnelle des Type 9X en toutes conditions météo, robustesse des réseaux de données face aux attaques électroniques, et une capacité suffisante en ressources humaines, missiles et maintenance.

Sources : galaxiamilitar