La Marine américaine a franchi une étape majeure dans le programme d’essais en vol du missile anti-navire à longue portée LRASM (Long-Range Anti-Ship Missile) avec l’avion furtif F-35C, renforçant ainsi les capacités de frappe maritime à longue distance de cet appareil. Ce missile avancé, développé par Lockheed Martin, est un élément clé de la stratégie militaire américaine dans la région Indo-Pacifique, visant à menacer efficacement des cibles navales de grande valeur dans des environnements contestés.
Au cours de la phase de tests qui s’étend sur deux ans, plusieurs essais d’intégration en vol ont été réalisés afin d’évaluer les caractéristiques de pilotage du F-35C lorsqu’il transporte ce missile en externe, sur l’ensemble de son domaine de vol. Après avoir achevé les essais en configuration « captive-carry » (transport du missile sans le larguer), le programme doit désormais passer aux essais de séparation, destinés à valider la sécurité et la fiabilité du largage, avant de poursuivre avec des tests de guidage pour analyser la performance du missile à chaque étape de l’engagement, puis finalement une campagne de tirs réels.
Aucune information sur le calendrier de mise en service opérationnel n’a encore été communiquée.
« En intégrant le LRASM au F-35, nous dotons nos combattants d’une capacité puissante qui augmente la flexibilité des missions et élargit leurs options tactiques », a déclaré Jon Hill, vice-président et directeur général des armements et de la domination aérienne chez Lockheed Martin.
« L’intégration du LRASM sur le F-35 de cinquième génération, déjà éprouvé, illustre une fois de plus comment Lockheed Martin améliore les capacités opérationnelles du F-35, avec le soutien des investissements de l’armée américaine et de ses alliés », a ajouté Sean Jackson, vice-président du développement du F-35.

Le missile anti-navire à longue portée LRASM. Photo : Lockheed Martin
Un missile conçu pour pénétrer les défenses A2/AD
L’AGM-158C LRASM est un missile anti-navire air-sol lancé à longue portée, développé par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA) et la Marine américaine pour remplacer les limites du missile AGM-84 Harpoon, en particulier en termes de portée et de capacité de survie.
Dérivé de l’AGM-158 JASSM-ER (Joint Air-to-Surface Standoff Missile Extended Range), le LRASM utilise des capteurs embarqués et des systèmes de ciblage autonomes pour localiser et engager ses cibles sans dépendre du GPS, des liaisons de données ou d’un renseignement préalable précis. Cette autonomie lui permet d’atteindre des navires en mouvement dans des environnements hautement contestés.
Le missile est équipé d’un chercheur radiofréquence passif multimode, d’une liaison de données pour armes, et d’un nouvel altimètre. Il peut se baser sur des données de ciblage fournies par la plateforme lanceuse, recevoir des mises à jour en vol via la liaison de données, ou détecter, identifier et engager les navires ennemis de manière autonome grâce à ses capteurs embarqués.
Avec une portée supérieure à 200 milles nautiques (370 km), le LRASM offre une capacité de frappe à distance tout en préservant la survivabilité des aéronefs porte-missiles.
Intégration avec le F-35
Le LRASM est déjà en service sur le F/A-18E/F Super Hornet de la Marine américaine et le bombardier B-1B Lancer de l’US Air Force. Son intégration avec le F-35C Lightning II permettra à la Marine de tirer parti des capteurs avancés du chasseur furtif, capable de détecter, classifier et suivre des cibles navales tout en minimisant ses chances d’être détecté.
Comparé à un appareil non furtif tel que le F/A-18, le F-35 peut opérer plus près des zones contestées, collecter les données de ciblage plus tôt et rester en mission plus longtemps avant d’être détecté. Associées aux capacités autonomes et à la portée du LRASM, ces caractéristiques pourraient considérablement renforcer la capacité de la Marine américaine à neutraliser des cibles navales de haut niveau dans des zones fortement protégées.