La Marine nationale a réceptionné le quatrième sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la classe Barracuda, construit par Naval Group dans le cadre d’un programme initié au début des années 2000 visant à remplacer la flotte des SNA de classe Rubis.
Ce nouveau bâtiment, baptisé De Grasse (S638), a été livré à Cherbourg-en-Cotentin, quatre mois seulement après ses essais en mer. Lancé en 2025, il a également reçu la même année son réacteur nucléaire.
Selon Naval Group, la construction de ce sous-marin a tiré parti des retours d’expérience des premiers exemplaires de la série, garantissant ainsi l’intégration de capacités à la pointe face aux menaces émergentes.
Le De Grasse doit désormais subir des essais complémentaires en vue de son admission officielle au service actif, prévue avant la fin de l’année.
Au total, deux autres unités seront encore livrées dans le cadre de la série Barracuda d’ici 2030.
Le gouvernement français souligne que, « comme leurs prédécesseurs, les SNA de la classe Barracuda sont équipés d’une propulsion nucléaire, offrant une autonomie et un furtivité remarquables… avec de nouvelles capacités pour le déploiement de forces spéciales et la frappe de cibles terrestres à plusieurs centaines de kilomètres grâce aux missiles de croisière navals ».
« Ils représentent un saut technologique qui permet à la France de rester parmi le cercle restreint des nations opérant des SNA modernes et performants. »
Le sous-marin Barracuda
Les sous-marins Barracuda, également désignés classe Suffren, mesurent environ 100 mètres de long pour 9 mètres de large et embarquent jusqu’à 60 marins.
Ils sont équipés d’un réacteur nucléaire K15 développant une puissance estimée à 200 000 chevaux, complété par deux turbogénérateurs de 13 000 chevaux chacun, deux groupes électrogènes diesel de secours de 640 chevaux ainsi qu’une propulsion par pompe à jets électrique.
Côté équipements, ces bâtiments possèdent des capteurs avancés dédiés aux communications, au soutien des systèmes d’armes, à la navigation et aux contre-mesures. Leur armement comprend des tubes lance-torpilles de 533 mm capables de tirer les torpilles lourdes F21, les missiles de croisière MdCN à capacité frappes terrestres, les missiles antinavires Exocet, des mines sous-marines FG29 ainsi que des véhicules sous-marins sans pilote D-19T.
Le Barracuda peut atteindre des vitesses supérieures à 25 nœuds (plus de 46 km/h), plonger à plus de 350 mètres et possède une autonomie de 70 jours en mer.