Les vérités se révèlent souvent à travers les répétitions et les schémas. Identifier un modèle permet de comprendre ce que cachent les actions, ce que les discours taisent et ce que les accords repoussent. Pourtant, les traités de paix et leurs négociations sont rarement analysés sous cet angle, alors même qu’ils présentent souvent des dynamiques récurrentes selon les contextes. Ce manque d’analyse conduit fréquemment à simplifier les pressions, les incitations et les contraintes qui influencent chaque étape et chaque acteur, à amalgamer les différentes factions belligérantes sans percevoir leurs divergences, ou à ignorer des réalités essentielles à la compréhension de la nature et de la viabilité des négociations menant à un accord.
Les négociations qui ont suivi le protocole intérimaire en 14 points signé entre les États-Unis et l’Iran le 17 juin — prolongation du cessez-le-feu de 60 jours, notamment au Liban, dans l’attente d’un règlement définitif — présentent aujourd’hui une très forte similarité avec le schéma des accords de Camp David. Ce schéma s’est encore précisé après que le président Donald Trump a annoncé la fin de ce cadre intérimaire, replongeant la région dans une situation oscillant entre négociations, reprises des hostilités et fronts non résolus. Ces contextes, ainsi que le risque d’un nouvel échec, appellent à une analyse comparative afin de mieux comprendre ces dynamiques et éviter de répéter les erreurs du passé.
Dans ces cas, les termes de la paix ne se limitent pas à mettre fin à une phase de combat : ils redistribuent le rapport de force, la souveraineté et les risques entre les différents fronts laissés en dehors des accords. Le phénomène à relever ne réside pas seulement dans l’existence de multiples fronts, mais dans ce que l’on peut appeler la « séparation des fronts » : fermer — ou tenter de fermer — le théâtre de conflit causant le plus de pression immédiate, tout en isolant les autres conflits du contexte politique et des négociations qui les avaient liés. Un tel accord peut donc mettre fin à une guerre sur un front donné tout en déplaçant ou en redistribuant le conflit ailleurs.
Une guerre régionale, pas un simple conflit bilatéral
Pour commencer, replacons le cadre historique. Les négociations de paix arabo-israéliennes, qui ont abouti aux accords de Camp David sous la présidence Carter, ont eu lieu dans un contexte de multiples fronts ouverts par Israël : la péninsule du Sinaï en Égypte, le plateau du Golan en Syrie, la Cisjordanie en Jordanie, et la bande de Gaza dans les territoires palestiniens. Des fronts secondaires, tels que les États du Golfe, finançaient l’Égypte et la Syrie et ont utilisé le pétrole comme arme politique pour exercer une pression sur les États-Unis.
Au-delà, même à l’époque de la détente, les conséquences de la Guerre froide planaient encore : les États-Unis soutenaient militairement et financièrement Israël, tandis que l’Union soviétique appuyait les États arabes dans cette guerre. Cela transforma les conflits arabo-israéliens en véritables guerres régionales impliquant de nombreux pays. D’une manière ou d’une autre, la plupart des États arabes devinrent des théâtres d’affrontements, approchant d’une guerre par procuration à grande échelle qui reflétait les logiques internationales de l’époque.
Le parallèle avec la guerre actuelle en Iran, et son extension sur plusieurs fronts, est frappant. Israël mène aujourd’hui une guerre préventive multithéâtre : Gaza, Cisjordanie, Syrie, Liban, et désormais l’Iran. La nouveauté réside dans la participation directe de l’administration Trump, qui ne se limite plus à un rôle de soutien mais devient un acteur militaire et politique engagé.
C’est là la première différence majeure entre les deux périodes : le président Jimmy Carter pilotait la paix sans être lui-même partie au conflit, tandis que Donald Trump a commencé la guerre et cherche à en gérer le règlement. Cette distance du processus de paix accordée par l’absence d’implication directe donnait à l’administration Carter un rôle de médiateur actif, alors que l’approche Trump est marquée par la charge politique et militaire de son engagement direct.
Premier modèle : des fronts inégaux engendrent des rapports de force déséquilibrés
Le premier constat est que la guerre multi-fronts génère une inégalité de pouvoir de négociation entre ces fronts. Cette faille structurelle s’est révélée récurrente et exploitée. Chaque front régional portait une revendication nationale spécifique, était représenté par des acteurs politiques distincts et détenait une capacité variable à infliger des coûts militaires et politiques. Par conséquent, les négociations n’étaient jamais fondées sur un mandat commun ou un pouvoir équilibré. La position d’Israël reposait non seulement sur sa force militaire propre, mais également sur le soutien diplomatique et militaire des États-Unis, ce qui lui permettait de privilégier des accords bilatéraux et séquentiels plutôt qu’un règlement global.
Ce mécanisme établissait une structure de négociation répétée : le front capable d’imposer le coût immédiat le plus lourd était traité en priorité, tandis que les autres fronts étaient repoussés ou isolés, à régler dans un second temps. Cette dynamique s’est manifestée dès le front égyptien.
Le front égyptien : l’incontournable dans la stratégie israélienne
Le conflit le plus important fut celui entre Israël et l’Égypte, ouvert le 5 juin 1967 par des attaques surprises sur les bases aériennes égyptiennes. Israël avança ensuite dans la bande de Gaza, sous administration égyptienne depuis 1948, puis dans la péninsule du Sinaï qu’il occupera jusqu’à son retrait complet en 1982.
Ce front est qualifié de majeur car, en 1973, il fut le seul capable d’infliger des dommages militaires significatifs à Israël. Après avoir corrigé ses faiblesses, développé des stratégies offensives et défensives durant la guerre d’Attrition et reconstitué ses forces, l’armée égyptienne franchit le canal de Suez, détruisit la ligne Bar-Lev et établit une position défensive à l’est du canal. L’attaque coordonnée avec la Syrie força Israël à diviser ses efforts sur deux fronts, imposant des coûts rendant le front égyptien impossible à ignorer.
Quand Israël fut contraint d’engager des négociations de cessez-le-feu, les exigences égyptiennes étaient considérables. Anwar Sadat, président égyptien, ne négociait pas uniquement pour la péninsule du Sinaï. Ses ambitions incluaient le retour complet des territoires occupés, des garanties pour les droits palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, l’inclusion de la Palestine dans les négociations, et un retrait israélien de Syrie. Les archives américaines témoignent de l’insistance de Sadat sur la souveraineté égyptienne sur le Sinaï, tout en liant ce dossier aux revendications palestiniennes et syriennes.
On voit ici apparaître le second modèle : fermer le front le plus dangereux par un traité de paix tout en séparant les autres fronts liés.
Deuxième modèle : fermer le front le plus périlleux, isoler les autres
L’Égypte ne fut pas un simple instrument au service d’Israël. Récupérer le Sinaï, mettre fin à la guerre, répondre aux contraintes économiques et rétablir ses liens avec Washington étaient des objectifs égyptiens autonomes. Mais l’Égypte possédait un levier qu’aucun autre front arabe ne détenait : son armée avait franchi le canal, repris son sol et démontré que l’équilibre militaire exigeait de s’occuper du Sinaï. Ce que l’Égypte pouvait menacer était ce même territoire qu’elle souhaitait récupérer, ce qui convertissait son levier en un accord de restauration souveraine.
Ce processus émergea non pas parce que l’Égypte abandonnait les autres fronts, mais en raison des contraintes imbriquées. Israël refusait de négocier avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), la Jordanie ne se substituait pas aux Palestiniens, et l’OLP rejeta plus tard le cadre de Camp David. L’Égypte pouvait donc influencer le processus, mais pas définir le sort des Palestiniens ou des Syriens.
Sadat fit comprendre à l’administration Carter qu’il ne signerait un traité sur le Sinaï qu’à condition de voir un lien clair avec l’autonomie palestinienne, au moins à Gaza. En novembre 1978, il déclara que sans cette connexion, il ne pourrait s’engager. La réponse américaine témoignait de la prise en compte de cette exigence.
Sadat proposait une période transitionnelle de cinq ans d’autonomie palestinienne à Gaza et en Cisjordanie, espérant unifier la représentation palestinienne en attendant une reconnaissance étatique future. Ce plan fut rejeté par l’OLP, qui refusa de lui conférer ce mandat. L’Égypte ne pouvait donc parler à leur place, mais pensait que la paix lui permettrait d’aider ultérieurement la cause palestinienne.
Le résultat final ne fut pas le fruit du hasard. L’administration Carter assura à l’Égypte que les autres fronts resteraient sujets à négociation avec sa participation, et que le processus bilatéral pourrait favoriser des avancées régionales. Cependant, une note américano-israélienne préalable stipulait déjà que l’engagement égyptien était indépendant des accords avec les autres pays arabes. Ce document ne créa pas les divisions mais officialisa que la voie égyptienne pouvait progresser isolément.
Ce n’est pas que chaque décision israélienne suivante suivait un plan unique, mais la séparation des fronts créa une structure d’accords bilatéraux privilégiant le front le plus immédiat au détriment d’une approche globale. Cela permit par exemple à Israël d’annexer formellement les hauteurs du Golan en 1981, rejetées par l’ONU, et de mettre en place plus tard des arrangements limités en Cisjordanie et à Gaza, conservant les questions clés de souveraineté sans résolution.
Le schéma se répète : dissocier le Liban de l’Iran
Ce modèle réapparut dans les négociations autour du mémorandum iranien, et s’est renforcé à mesure que celui-ci se fragilisait. Les administrations Trump et Netanyahu entrèrent dans des différends publics profonds. Israël refusa qu’un accord unifie les fronts et intègre le Liban à la fois dans le cessez-le-feu et dans tout futur règlement.
Le protocole intérimaire appelait à la fin des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, alors qu’Israël affirmait maintenir sa présence dans le sud libanais et son droit d’agir contre le Hezbollah. Selon Israël, un accord avec l’Iran ne devait pas régir sa conduite au Liban ni faire de ce front une partie intégrante du règlement global.
Cette position israélienne ne décida pas seul Washington. Mais l’administration Trump entama des négociations séparées sur le Liban, respectant ainsi la volonté israélienne : la voie iranienne pouvait avancer pour un temps, tandis que le Liban était géré à part.
Cette fois, la séparation des fronts changea d’ordre : il ne s’agissait plus d’isoler l’Iran à travers le Liban, mais de neutraliser le front libanais sans réduire celui iranien. L’accord américano-médié entre Israël et le Liban lia le retrait israélien complet au désarmement du Hezbollah, scindant ainsi les deux dossiers.
C’est précisément la raison pour laquelle le Liban peut être dissocié de l’accord iranien, car l’Iran ne détient pas de revendication souveraine au Liban à négocier. Si ses alliés peuvent multiplier les coûts et compliquer l’escalade, Téhéran ne peut conclure en son nom un accord politique sur le Liban. Ce dernier est plus proche, dans sa nature et son traitement, des fronts palestinien et syrien que du cas du Sinaï. Le risque est que cette séparation conduise à un règlement inachevé, fondé sur le désarmement conditionnel, la vérification prolongée et le retrait sous conditions.
Des leviers et pouvoirs de négociation divergents
La distinction entre l’Égypte et l’Iran ne tient pas au fait que l’Égypte aurait eu du levier et pas l’Iran. En 1973, ce levier reposait sur le lien direct entre force militaire, contrôle territorial et souveraineté nationale. L’armée égyptienne avait regagné un territoire, et la lutte portait sur ce même espace. Ce lien fondait la négociation et aboutissait à un retrait israélien dans un calendrier défini, donc à la restauration souveraine.
L’Iran, aujourd’hui, dispose d’un levier différent. Les frappes sur ses installations nucléaires l’ont affaibli, mais n’ont pas éliminé sa capacité à exercer des pressions majeures, notamment en fermant le détroit d’Hormuz ou via ses partenaires régionaux. La nécessité pour Washington d’assurer la libre circulation dans ce passage stratégique fait partie intégrante des négociations. L’Iran n’est pas un vaincu dénué d’influence sur les conditions du règlement.
Cela explique que Téhéran résiste à la dissociation du front libanais. Pour l’Iran, le Liban n’est pas qu’un théâtre allié à protéger, c’est un levier politique empêchant que l’accord iranien ne soit réduit à un simple arrangement bilatéral. Détacher le Liban et les autres fronts réduit la portée politique iranienne dans les négociations, même si sa capacité d’infliger des coûts militaires et politiques persiste.
Cependant, l’Iran ne peut convertir son influence en souveraineté libanaise. L’Égypte négociait le Sinaï car il s’agit de son territoire, et sa position militaire y était liée. L’Iran peut menacer la navigation, accroître les coûts d’une escalade et exercer une pression via des acteurs locaux, mais il ne peut pas parler pour le Liban. D’ailleurs, le gouvernement libanais a explicitement rejeté toute représentation externe, y compris celle de Téhéran. Si le Hezbollah n’est pas une simple marionnette iranienne, toute solution durable doit composer avec sa place dans le cadre politique libanais et non pas considérer le Liban uniquement comme une extension de l’Iran.
Cela rend l’accord actuel plus périlleux. La dissociation du Liban facilite la gestion sécuritaire mais pas la restauration souveraine. Le retrait israélien devient conditionnel, et la vérification interminable. Ce n’est pas la séquence qu’avait connue le Sinaï.
Le danger est que le Liban soit séparé sans logique souveraine, laissant le conflit gelé, la souveraineté compromise, et le terrain libre à une future montée de résistance.
Troisième modèle : Une paix partielle redistribue la guerre au lieu de la clore
La conséquence la plus visible de la séparation des fronts à Camp David ne fut pas une guerre renouvelée mais la difficulté accrue à parvenir à une paix globale et l’aggravation des divisions au sein du monde arabe, au moment même où la coordination régionale devenait nécessaire. Les États arabes critiquèrent durement l’Égypte, qui fut suspendue de la Ligue arabe.
Cette division n’apporta pas la paix mais laissa les fronts palestinien et syrien chercher un nouveau porte-voix de leur lutte historique. L’influence régionale de l’Égypte, par son nationalisme arabe incarné par Nasser, s’était érodée après 1967. Pourtant, son poids politique, sa légitimité historique et militaire faisait d’elle le seul État capable de représenter les revendications arabes unifiées sur plusieurs fronts.
Camp David scella politiquement ce réalignement stratégique : l’Égypte retrouva le Sinaï, tandis que les autres fronts furent isolés, privés de la force arabe la plus capable de porter leurs griefs et de négocier un règlement global.
C’est cette faille que l’idéologie iranienne a su exploiter. L’Iran n’a pas créé la cause palestinienne, ni les revendications syriennes ou la résistance libanaise, mais la fragmentation régionale a ouvert un espace où Téhéran a pu s’implanter et transformer ces griefs en un réseau régional d’influence contre Israël et les États-Unis.
Le Liban fut d’abord le terrain d’expansion iranienne après l’invasion israélienne de 1982, qui affaiblit l’État libanais et permit à Téhéran de fonder le Hezbollah. Par son alliance avec la Syrie, l’Iran a étendu son influence sur le front palestinien, soutenant le Jihad islamique et le Hamas par des financements, armements, formations et soutien politique.
L’Iran ne fut pas seulement un sponsor des fronts non résolus, mais contribua à transformer le conflit : d’une guerre centrée sur des États à un réseau d’acteurs armés opérant sur des fronts où la souveraineté restait en suspens.
Les attaques du 7 octobre résultent d’un parcours complexe mêlant accords d’Oslo, deuxième Intifada, retrait israélien de Gaza, blocus, divisions palestiniennes, choix d’Hamas, politiques israéliennes et soutien iranien. La guerre régionale qui en a découlé a été étendue par Israël, ce qui n’était pas une fatalité.
Camp David n’a pas créé l’axe régional iranien ni transféré mécaniquement le leadership arabe. Mais la séparation de l’Égypte d’avec les fronts non réglés a créé un environnement régional où Téhéran a pu s’engouffrer, organiser son influence et remplir les vides laissés.
Le test libanais : séparer sans restaurer la souveraineté
Reproduire cette structure dans le conflit iranien préparera le terrain à des conflits plus graves. Même si Washington et Tel Aviv limitent la menace iranienne à court et moyen terme, séparer les fronts pour imposer des arrangements minant la souveraineté, comme au Liban, renforcera la légitimité politique du Hezbollah pour porter une nouvelle rhétorique de victimisation et de lutte.
L’argument sera simple : le gouvernement libanais a accepté la présence israélienne sur son territoire et conditionné sa souveraineté à un processus sécuritaire imposé depuis l’extérieur. L’accord connu lie déjà le retrait total israélien au désarmement du Hezbollah. Le retrait n’est donc pas la base de l’accord mais un levier pour une nouvelle domination sécuritaire.
Même si le camp Trump réussit à séparer le Liban du règlement plus large avec Téhéran, le conflit fondamental ne sera pas réglé. La souveraineté libanaise restera suspendue à un processus dans lequel Israël contrôle le calendrier et les conditions du retrait.
Le problème n’est pas un retour garanti des hostilités dans un calendrier prédéfini, mais l’entretien des divisions, du vide politique et des conditions sécuritaires inégales qui nourriront une future résistance.
Ce que ce schéma prédit pour l’avenir
Ces dynamiques ne signifient pas qu’il y a un plan unifié derrière chaque gouvernement israélien, administration américaine ou conflit. Elles soulignent cependant la fragilité de la paix quand elle ferme le front le plus urgent sans régler la souveraineté sur les autres.
La paix se maintient lorsqu’elle met fin au conflit sans compromettre la souveraineté, comme l’ont fait les accords de Camp David avec l’Égypte. La leçon pour l’administration Trump et Israël n’est pas que tous les fronts peuvent être réglés pareillement, mais qu’un accord durable nécessite une définition claire de la souveraineté. C’est aussi la seule façon d’empêcher les mouvements armés et les acteurs externes de tirer parti des conflits non résolus.
Au lieu de traiter le Liban comme un point de sécurité dissocié de l’Iran, l’arrangement doit rétablir une position souveraine pour Beyrouth. Le retrait israélien doit s’aligner sur un calendrier précis et ne pas rester conditionnel à un processus sécuritaire indéfini.
C’est la logique du règlement égypto-israélien : le Sinaï est devenu stable parce qu’Israël s’est retiré selon un calendrier précis, que l’Égypte a retrouvé sa souveraineté pleine, et que les deux parties ont accepté des limites réciproques après ce règlement. La Force multinationale d’observation, créée pour vérifier les dispositions de sécurité, était un instrument d’application d’un accord souverainement conclu, non un moyen d’étendre ou de contrôler la présence israélienne.
Le cadre libanais inverse cette dynamique. Si le retrait israélien dépend du désarmement du Hezbollah et qu’aucun calendrier clair ne gouverne les sorties successives, la souveraineté n’est pas protégée mais rendue conditionnelle à un processus ouvert sur place.
La comparaison avec le Sinaï ne doit pas être appliquée mécaniquement : le Liban n’est pas le Sinaï. Mais le principe reste : tout régime sécuritaire futur devrait être international, limité à des domaines et procédures définis, fondé sur des restrictions réciproques et vérifiables des deux côtés de la frontière. Aucun accord ne saurait imposer des contraintes pérennes au Liban tout en laissant Israël libre de ses obligations.
Un accord de paix ne peut être un outil pour fermer le front qui cause à Israël le plus de dommages tout en séparant les autres en conservant une présence illégale, en diminuant la souveraineté et en laissant Israël une liberté d’action. La paix doit marquer le début d’une réconciliation réelle au Moyen-Orient, non la reproduction des mécanismes qui redistribuent la guerre.