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Des pirates informatiques soutenus par l’État russe ont compromis des caméras de surveillance connectées à Internet aux Pays-Bas afin de surveiller les itinéraires logistiques militaires et suivre les livraisons d’armes destinées à l’Ukraine.

Le Service de renseignement général néerlandais (AIVD) et le Service de renseignement militaire (MIVD) ont indiqué qu’un nombre restreint de caméras IP, situées le long des routes de transport militaire, avait été piraté dans le cadre d’une campagne plus large d’espionnage cybernétique ciblant les pays de l’OTAN en Europe ainsi que l’Ukraine.

Selon ces agences, l’accès à ces caméras a permis aux opérateurs russes de collecter des renseignements sur les trajets de transports militaires ainsi que sur les types d’armes et d’équipements transférés à Kyiv.

L’opération visait essentiellement des caméras IP autonomes, accessibles à distance via Internet, dont beaucoup avaient été installées par des entreprises privées.

Les attaquants ont d’abord identifié les dispositifs exposés en utilisant des outils publics de scan Internet avant de tenter d’y accéder en profitant de failles de sécurité comme des mots de passe par défaut, des firmwares obsolètes ou des réglages usine non modifiés.

L’AIVD et le MIVD ont appelé les organisations utilisant des caméras connectées à Internet à renforcer leurs mesures de cybersécurité pour protéger ces dispositifs contre tout accès non autorisé.

Une menace croissante pour la sécurité

Les autorités néerlandaises ont souligné que les Pays-Bas restent une cible prioritaire pour le renseignement russe en raison de leur rôle de plateforme majeure de transit de l’aide militaire à l’Ukraine, malgré l’annonce récente selon laquelle ils avaient « épuisé les équipements disponibles » pour des transferts directs à partir de leurs stocks nationaux.

Ces découvertes en matière d’espionnage confirment également les inquiétudes exprimées dans la stratégie du ministère néerlandais de la Défense publiée en juin, qui mettait en garde contre une Russie prête à engager une « confrontation prolongée avec l’Europe ».

Le rapport évaluait que Moscou pourrait être en capacité de lancer une opération militaire limitée contre un membre de l’OTAN dans l’année suivant la fin du conflit en Ukraine, qualifiant la situation sécuritaire actuelle de « zone grise » entre la paix et le conflit.