La Chine a profondément modernisé ses capacités militaires et multiplié ses moyens pour envisager une invasion de Taïwan, malgré des analyses qui tendent à minimiser cette menace.
Au cours des dernières années, Pékin a adapté des ferries civils pour y embarquer des engins blindés amphibies, renforcé une centaine de bases aériennes, et développé une force de missiles capable de dissuader ou de contrecarrer une intervention américaine. Bien que certains observateurs soulignent les limitations politiques, institutionnelles et d’expérience combat au sein de l’Armée populaire de libération (APL), ces faiblesses ne suffisent pas à nier l’existence d’une capacité crédible d’invasion.
En effet, la Chine ne s’appuie pas uniquement sur sa marine, mais mobilise aussi sa flotte civile modifiée, ses moyens de transfert rapide des forces sur la côte sans infrastructures portuaires classiques, ainsi que ses forces aériennes modernes et sa puissance de feu de précision. Le parc naval chinois dépasse largement celui de plusieurs marines occidentales réunies grâce à ses très nombreuses unités de combat, sa garde côtière, sa milice maritime, et ses forces terrestres équipées de missiles balistiques et de croisière couvrant l’ensemble de la région.
La campagne pour Taïwan serait d’abord une opération complexe d’isolement de l’île visant aussi à contrer toute intervention extérieure, notamment américaine. À ce titre, les 550 missiles balistiques à portée intermédiaire et 1300 missiles à moyenne portée déployés par la Chine jouent un rôle essentiel, avec des exercices ciblant spécifiquement les bases et navires américains et alliés.
Par ailleurs, la Chine a construit plus de 400 abris renforcés pour ses avions dans la région contre une vingtaine côté américain, témoignant d’un effort de durcissement significatif. En ce qui concerne les nouvelles armes, la Chine disposerait déjà du plus grand arsenal de missiles hypersoniques au monde, devançant les États-Unis qui ne sont qu’au stade initial de leur déploiement.
Si l’amélioration des forces américaines et alliées dans la région est réelle, la Chine progresse parallèlement et rapidement, remettant en cause tout jugement catégorique sur l’impossibilité pour l’APL d’envahir et de contrôler Taïwan. La difficulté de l’opération est indéniable, et le succès dépendrait de nombreux facteurs imprévisibles, notamment la résistance taïwanaise et la nature de l’intervention alliée.
Face à ce défi, la poursuite et l’accélération des investissements américains, taïwanais et alliés visant à durcir les bases, renforcer les stocks de munitions, et développer des systèmes sans pilote est cruciale pour maintenir la dissuasion et la stabilité régionale.
En résumé, l’APL a considérablement évolué ces vingt dernières années, développant une stratégie intégrant des moyens militaires civils et militaires adaptés à l’objectif de Taïwan, et la possibilité d’une invasion réussie ne peut être écartée. Une analyse précise, fondée sur les faits, est nécessaire pour ne pas sous-estimer le risque et garantir un niveau adéquat de préparation.
