La marine allemande déploie deux navires en mer Rouge en préparation d’une éventuelle mission de déminage dans le détroit d’Ormuz, a confirmé jeudi le ministre allemand de la Défense. Cette opération s’inscrit dans un contexte géopolitique sensible, alors que plusieurs pays européens renforcent leur présence militaire dans cette zone stratégique.
Lors d’une conférence de presse avant la réunion des chefs d’état-major de l’OTAN à Bruxelles, Boris Pistorius a indiqué que le dragueur de mines Fulda et le navire de ravitaillement Mosel avaient franchi le canal de Suez. Leur destination est Djibouti, où ils devraient arriver dans un délai de cinq à sept jours pour s’approvisionner en carburant et en vivres.
D’après le ministère de la Défense allemand, environ 140 militaires sont embarqués à bord, comprenant notamment des plongeurs démineurs, des équipes de protection des navires ainsi que des « systèmes autonomes » destinés au déminage.
Ces deux bâtiments participent actuellement à l’opération européenne Aspides, lancée en réponse aux attaques menées par les Houthis — soutenus par l’Iran — contre des navires marchands au large du Yémen. Pendant leur transit en mer Rouge, les navires contribueront à la collecte d’informations sur la situation globale de la mission navale européenne, a précisé le ministère dans un communiqué.
Une mission spécifique dans le détroit d’Ormuz nécessiterait une autorisation parlementaire distincte, a souligné Boris Pistorius. Le ministère prévoit de soumettre une résolution au Bundestag, le parlement allemand, avant la pause estivale prévue à partir du 10 juillet.
Parmi les conditions préalables à l’engagement allemand dans cette région figurent notamment un arrêt durable des hostilités autour de l’Iran ainsi qu’un mandat international clair. Le ministre a également insisté sur la nécessité d’un « environnement permissif », incluant « en particulier le consentement de l’Iran et d’Oman pour les activités de déminage concernées ».
Il s’est félicité du cessez-le-feu négocié entre les États-Unis et l’Iran, tout en précisant que les modalités de toute mission allemande dépendraient largement des résultats des négociations entre Washington et Téhéran dans les prochaines semaines.
Depuis le 12 mai, une mission navale multinationale se prépare dans le détroit d’Ormuz, sous direction britannique et française, et intégrant une large coalition comprenant notamment l’Albanie, l’Australie, Bahreïn, la Belgique, le Canada, la Corée du Sud, l’Allemagne, le Japon, la Norvège, le Qatar ainsi que plusieurs pays européens des Balkans et de la Baltique.
Ce lundi, les dirigeants de la France, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de l’Italie ont publié une déclaration commune saluant le cessez-le-feu annoncé par le président américain et réaffirmant leur engagement en faveur d’une « mission strictement défensive et indépendante visant à garantir la sécurité du trafic maritime commercial et à mener des opérations de déminage ».
Cependant, l’Iran avait déjà averti les puissances européennes de ne pas déployer de navires de guerre dans la région, même sous couvert d’opérations de protection maritime ou de déminage. En mai, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, menaçait d’une réaction ferme et immédiate des forces armées iraniennes contre tout navire de guerre européen présent dans le détroit.
« Le détroit d’Ormuz n’est pas une propriété partagée avec des puissances extérieures à la région, et l’Iran, en tant qu’État riverain, a le droit d’exercer sa souveraineté et de fixer sa propre législation », avait déclaré Gharibabadi, selon les médias iraniens à l’époque.