L’armée australienne a lancé une étude de quatre ans visant à déterminer si une exposition répétée aux explosions d’armes engendre des lésions cérébrales jusque-là non détectées chez les militaires.
Dans le cadre de cette initiative, jusqu’à 400 membres des Forces de défense australiennes participeront à des entraînements au tir réel.
Des capteurs montés sur les casques enregistreront la pression des explosions, tandis que des analyses sanguines et des évaluations neurologiques réalisées dans les 24 heures suivant l’exposition permettront d’identifier des biomarqueurs liés aux traumatismes crâniens.
Les chercheurs compareront les modifications biologiques observées avec les mesures de pression des explosions afin de déterminer si des expositions répétées à de faibles niveaux de souffle, fréquentes lors des entraînements et opérations militaires, peuvent entraîner des dommages cérébraux cumulatifs même en l’absence de symptômes immédiats.
Les résultats de cette étude devraient contribuer à établir des seuils d’exposition sécuritaires, à améliorer le dépistage médical et à identifier le moment où les militaires doivent être retirés de toute exposition supplémentaire aux explosions, afin de limiter les risques sanitaires à long terme.
Bien que la recherche cible initialement le personnel de l’armée de terre, les autorités ont indiqué que le programme pourrait être étendu ultérieurement aux membres de la Marine royale australienne et de l’Armée de l’air royale australienne.
Améliorer la prise en charge des lésions cérébrales
Cette initiative fait suite aux recommandations de la Commission royale australienne sur le suicide chez les forces de défense et les anciens combattants, qui a appelé à la création d’un programme dédié à une meilleure compréhension des lésions cérébrales liées aux explosions.
Le rapport final de la commission avait identifié le traumatisme crânien comme un facteur de risque important de suicide, recommandant un renforcement des capacités de diagnostic, de suivi et de traitement pour les militaires en service comme pour les anciens.
Il soulignait également que certains membres actuels ou anciens des forces armées rencontraient des difficultés pour accéder aux soins et aux compensations liés à ces blessures cérébrales.