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Le Comité budgétaire du Bundestag allemand a approuvé l’acquisition de quatre frégates MEKO A-200 DEU. Toutefois, en raison d’une hausse de 70 % des coûts par rapport aux estimations initiales, cette approbation est assortie de conditions strictes et le comité souhaite être pleinement informé de l’avancement du projet.

Selon des sources proches du dossier, le ministère fédéral de la Défense (BMVg) doit signaler immédiatement au comité toute augmentation des coûts ou demande supplémentaire des contractants. Cette obligation s’applique également en cas de retard. Tout surcoût ne pourra être engagé qu’après accord du Parlement. De plus, le ministère est tenu de présenter un rapport trimestriel détaillant l’état d’avancement du chantier.

Dans sa résolution, le comité budgétaire exige que les sous-traitants et chantiers navals ayant perdu leurs contrats avec l’annulation du projet F126 soient, si possible, pris en compte par le maître d’œuvre principal TKMS pour la construction des quatre frégates MEKO. Cette directive vaut également en cas d’exercice des options portant sur quatre unités supplémentaires. Par ailleurs, le comité étudiera la faisabilité d’une production simultanée des navires si cette option est activée.

D’après les informations disponibles, le comité requiert également du BMVg la garantie que toutes les mesures nécessaires seront prises pour respecter les délais impartis. La livraison du premier bâtiment est prévue pour décembre 2029, et toute modification des spécifications ou des contrats ne doit pas entraîner de retard. Des experts soulignent que de nouveaux critères capacitaires ont systématiquement ralenti par le passé plusieurs projets navals en Allemagne.

Le groupe TKMS, maître d’œuvre principal, a salué la libération des crédits alloués au programme MEKO, facilitant ainsi la signature officielle du contrat, selon un communiqué de l’entreprise. Ce contrat représente le plus important engagement dans le domaine des infrastructures de surface jamais conclu par TKMS.

Oliver Burkhard, directeur général de TKMS, a déclaré : « Nous sommes pleinement conscients de notre responsabilité d’assurer une construction rapide des bâtiments, compte tenu du contexte sécuritaire, comme stipulé dans les contrats. Nous relèverons ce défi avec nos partenaires industriels répartis dans toute l’Allemagne. La ponctualité des livraisons est essentielle pour nous. » D’importants travaux préparatoires sont en cours depuis plusieurs mois, avec notamment le groupe Rönner chargé de la construction navale.

À ce jour, 6,3 milliards d’euros ont été débloqués pour l’acquisition des quatre premières frégates. Si l’option permettant d’acquérir quatre navires supplémentaires est exercée, il faudra allouer environ 5,3 milliards d’euros supplémentaires.

Selon des informations rapportées, le prix unitaire d’une frégate MEKO a augmenté d’environ 70 %, atteignant près de 1,57 milliard d’euros, ce qui a suscité l’incompréhension au sein du Bundestag la semaine dernière. Cette hausse s’explique en partie par le fait que les calculs initiaux se fondaient sur l’achat de huit unités. La réduction à quatre frégates fait ainsi grimper le coût par exemplaire de plus de 130 millions d’euros.

Par ailleurs, TKMS doit acquérir des composants non pris en compte dans les estimations initiales, comme des lanceurs VLS à longue portée, ce qui ajoute environ 15 % au coût total. Plus de 100 millions d’euros de cette augmentation sont dus à la hausse des prix chez les sous-traitants, tandis que près de 80 millions d’euros correspondent à des exigences supplémentaires de la Marine, notamment des améliorations des capacités de défense antimissile et antidrone. Le reste se répartit entre ajustements liés à l’obsolescence, services de support et coûts liés à la garantie bancaire.

Lars Hoffmann