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Le Royaume-Uni construira la totalité des huit navires amphibies prévus dans la flotte anglo-néerlandaise, y compris les quatre destinés à la marine royale néerlandaise, a confirmé le ministre de la Défense Luke Pollard.

Lors d’une audition commune des commissions des Finances et de la Défense le 8 juillet, portant sur les plans gouvernementaux visant à assurer un maintien continu de la charge de travail en construction navale, et au lendemain de la signature par les Premiers ministres Keir Starmer et Rob Jetten d’un accord de 2,4 milliards de livres lors du sommet de l’OTAN à Ankara, Pollard a qualifié cet accord avec les Pays-Bas de succès à l’export pour l’industrie britannique. Il a déclaré : « l’accord que nous avons conclu avec les Pays-Bas pour construire les nouveaux navires de transport amphibie, à la fois pour le Royaume-Uni et, ce qui est important, pour les Pays-Bas également », ajoutant : « c’est en effet une victoire pour notre campagne d’exportation ».

Le programme conjoint porte sur huit navires de transport amphibie, dont quatre pour la Royal Navy et quatre pour la marine royale néerlandaise. Les propos de Pollard indiquent donc que les huit bâtiments seront construits au Royaume-Uni, même si la répartition finale du travail entre les chantiers britanniques n’a pas encore été arrêtée. Il précise qu’il ne peut pas encore nommer les chantiers concernés, la procédure d’attribution des contrats n’étant pas finalisée. Le travail pourrait être réparti sur plusieurs sites via la construction en blocs : « Dans une certaine mesure, je ne peux pas encore dire quels chantiers seront impliqués car l’attribution n’a pas eu lieu, mais il pourrait s’agir de plusieurs projets de construction navale, avec des constructions par blocs », a-t-il expliqué.

La construction en blocs consiste à fabriquer des sections d’un navire dans différents chantiers avant leur assemblage final sur un site unique. Cette méthode permettrait de répartir le travail sur plusieurs installations. Cette perspective laisse le champ ouvert, alors même que Navantia UK a récemment affirmé la pertinence de son chantier Harland and Wolff à Belfast pour ce programme, mettant en avant un investissement de 98,5 millions de livres permettant au Royaume-Uni de disposer d’une capacité souveraine éprouvée pour construire ces navires. Si le nombre total de bâtiments et l’intention de construire les navires néerlandais au Royaume-Uni sont désormais confirmés, la stratégie industrielle précise, la structure contractuelle et la répartition géographique du travail restent à déterminer, dépendant du processus d’attribution et de la volonté gouvernementale de soutenir l’activité sur la Clyde, à Rosyth et dans d’autres chantiers britanniques.

Selon les informations officielles précédentes, le programme de 2,4 milliards de livres prévoit des navires construits dans des chantiers britanniques en coopération avec l’industrie néerlandaise, sur la base d’une conception néerlandaise. Chaque navire mesurera environ 160 mètres et aura un déplacement d’environ 15 000 tonnes. Ils seront capables de transporter des troupes, des véhicules et du matériel, notamment des drones, et seront équipés de ponts volants aptes à accueillir des systèmes sans pilote longue portée actuels et futurs. Ce projet devrait soutenir des centaines d’emplois qualifiés au Royaume-Uni. Le premier navire est prévu pour entrer en service dans les années 2030. Pollard a souligné à la Chambre des communes cette semaine que ce programme rétablissait une capacité amphibie dédiée, après le retrait des HMS Albion et HMS Bulwark : « Nous collaborons avec les Pays-Bas pour développer une capacité conjointe, et notre ambition est que le premier navire entre en service dans les années 2030 ».

Ce programme de navires de transport amphibie remplace l’ancienne proposition de la Royal Navy de navires polyvalents d’assaut, qui envisageait jusqu’à six bâtiments considérablement plus grands, entre 25 000 et 40 000 tonnes. Ce projet avait été abandonné après que le gouvernement a conclu que ce concept était trop complexe et ne correspondait plus au modèle prévu pour la Force Commando. Une conception conjointe avait d’abord été recherchée dans le cadre du projet Catherina, signé en 2023 à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Force amphibie UK-Pays-Bas, avant d’être écartée en 2024, les deux pays jugeant leurs besoins divergents. Le Plan d’investissement en défense a depuis inversé cette position, revenant à une conception dirigée par les Pays-Bas.

La Royal Navy ne dispose plus de navires d’assaut amphibie dédiés depuis le retrait du HMS Albion et du HMS Bulwark fin 2024, qui ont ensuite été vendus au Brésil. La décision de construire les huit coques au Royaume-Uni offre aux chantiers britanniques un second programme d’exportation, en complément des cinq frégates Type 26 destinées à la Norvège, programme qui, selon Pollard, a prolongé la production sur la Clyde de quinze ans.