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FORT INDIANTOWN GAP, Pennsylvanie — Alors que le champ de bataille évolue constamment vers une utilisation accrue des systèmes d’aéronefs sans pilote (UAS), le Fort Indiantown Gap intensifie ses capacités de formation aux drones et à la lutte anti-drones.

Plusieurs champs de tir de la base ont été modifiés ces derniers mois afin de permettre des entraînements dédiés aux UAS ainsi qu’à la lutte contre ces derniers, afin de préparer au mieux les soldats à des déploiements dans des environnements hostiles, a expliqué Kurt Spieles, coordonnateur du programme des champs de tir de la base.

« Les petits systèmes d’aéronefs sans pilote sont devenus un élément déterminant et complexe du champ de bataille moderne, » a souligné Spieles. « Les soldats et unités qui s’entraînent à Fort Indiantown Gap ont besoin d’une expérience pratique réaliste non seulement pour exploiter leurs propres drones lors de leurs missions, mais aussi, et surtout, pour détecter, suivre et neutraliser les drones hostiles avant qu’ils ne puissent causer des dégâts. »

« La maîtrise de la contre-UAS n’est plus une compétence marginale, mais une exigence essentielle pour la survie de toute unité susceptible d’être déployée, » a ajouté Spieles.

Le champ de tir 35, situé dans le couloir d’entraînement entre les Blue Mountains et les Second Mountains, intègre désormais un concept de tir en conditions réelles contre des drones quadricoptères et avions à voilure fixe. Les utilisateurs peuvent y engager des drones à l’aide de mitrailleuses M249 ou M240B.

Ce dispositif permet de s’exercer face à différents types de drones, notamment des avions à voilure fixe appelés « wings », des planeurs à voilure fixe déployés par des quadricoptères capables de transporter des charges utiles, ainsi que des drones quadricoptères FPV (first-person-view) dits « attritables ».

Le champ de tir 20, situé le long de Range Road, a été adapté pour intégrer une équipe anti-UAS dans une escouade de feu et manœuvre. L’équipe peut progresser sur le champ, engager des cibles au sol avec des cartouches de calibre 5,56 mm, ainsi que tirer sur des plateaux d’argile avec des fusils de chasse.

Un large système de tranchée a également été aménagé pour permettre aux soldats d’adopter une posture défensive et d’ouvrir le feu sur des plateaux d’argile ou des cibles au sol. Les lanceurs de plateaux peuvent être placés à divers endroits du champ afin de simuler des attaques rapides et unidirectionnelles de drones.

En collaboration avec l’UAS Training and Innovation Facility (UASTIF), le programme des champs de tir développe un champ de tir inertiel FPV sur le Range 6A, situé en face du UASTIF.

Ce terrain permettra aux pilotes de drones FPV d’effectuer des attaques simulées en pilotant leurs drones directement sur des cibles, grâce à un dispositif d’arrêt souple composé de grands cadres en bois équipés de filets similaires à ceux que l’on trouve dans les cages de frappeurs. Ce système limite les dommages aux drones malgré des impacts multiples.

Par ailleurs, le programme a facilité l’installation d’un centre d’entraînement à la manœuvre pour drones FPV sur le site du UASTIF. Les pilotes peuvent y évoluer autour et à travers des conteneurs maritimes modifiés et disposés pour ressembler à un petit village.

Fort Indiantown Gap met constamment à jour ses champs de tir et zones d’entraînement pour refléter l’évolution réelle des menaces, loin de concepts statiques ou obsolètes, a affirmé Spieles.

« Cela inclut l’intégration des opérations de petits UAS et des réponses contre-UAS dans les entraînements de tir et de manœuvre, ainsi que le développement interne de capacités sUAS, notamment avec des cellules imprimées en 3D pour suivre le rythme rapide des évolutions technologiques commerciales et militaires, et ce à une fraction des coûts et délais habituels, » a-t-il précisé. « Cette approche adaptative garantit des entraînements basés sur des profils de menaces contemporains et réalistes plutôt que sur des hypothèses dépassées. »

En parallèle des transformations sur les champs de tir, d’importantes améliorations sont en cours au sein du UASTIF, récemment choisi pour accueillir deux programmes majeurs de formation aux UAS. Ces améliorations comprennent la création de deux salles de classe, d’une salle de simulateur, d’un vestiaire et de bureaux.

Le colonel Kevin Potts, commandant de la garnison de Fort Indiantown Gap, a insisté sur l’importance de l’intégration des formations aux drones et à la lutte anti-drones dans le contexte d’une menace en constante évolution.

« À Fort Indiantown Gap, notre objectif est de garantir à nos militaires un entraînement moderne et réaliste grâce à l’innovation et à une réflexion novatrice, » a déclaré le colonel Potts. « Nous mettons à disposition des champs de tir spécialisés pour la formation aux UAS et à leur neutralisation afin d’armer nos combattants avec les compétences essentielles pour l’emporter sur un champ de bataille multidomaine. »