Un ministre du ministère de la Défense a, dans une réponse écrite au Parlement, souligné publiquement le temps important consacré par son département à répondre aux questions d’un député conservateur concernant le système britannique de formation des pilotes militaires (UK Military Flying Training System – UKMFTS). Il s’agit d’un rappel inhabituel consigné dans le registre officiel des débats parlementaires.
Calvin Bailey, secrétaire parlementaire au ministère de la Défense et ministre chargé des anciens combattants et du personnel, répondait à une question écrite posée par Ben Obese-Jecty, député de Huntingdon. Ce dernier demandait combien d’élèves pilotes avaient abandonné la formation UKMFTS avant son achèvement en 2024, 2025 et à ce jour en 2026. Le ministre a fourni les chiffres : deux stagiaires ont volontairement arrêté la formation de pilotage de chasse rapide en 2024, aucun en 2025, et deux entre le 1er janvier et le 18 juin 2026, trois d’entre eux ayant ensuite été orientés vers la formation multi-moteurs plutôt que de quitter les forces armées.
Au terme de sa réponse, Calvin Bailey a ajouté une remarque soulignant le coût en ressources pour y répondre. « Je salue l’engagement de l’honorable député à assurer la responsabilité du ministère de la Défense sur les questions liées à l’UKMFTS », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « toutefois, il doit prendre en compte que la préparation de cette réponse, ainsi que d’autres questions récentes portant sur l’UKMFTS, a mobilisé l’équivalent de cinq heures de travail réparties entre trois personnes, qui auraient autrement contribué à la formation opérationnelle des pilotes militaires. »
Cette intervention se distingue par son ton et sa forme, car il est habituel que les ministres traitent un grand nombre de questions parlementaires, le ministère de la Défense étant l’un des plus sollicités. La réponse écrite constitue d’ailleurs le principal moyen de rendre compte de la supervision parlementaire.
Il est rare que le coût en ressources de la préparation d’une réponse soit directement évoqué à l’intérieur même du texte de la réponse. Ces remarques sont généralement réservées aux déclarations ministérielles écrites distinctes, aux discussions plus larges sur la capacité des départements, ou bien à des échanges entre administrations et secrétaires parlementaires, plutôt qu’aux députés à travers le compte rendu officiel d’une réponse substantielle.
Ben Obese-Jecty est l’un des députés de l’opposition les plus actifs sur les questions de défense depuis son élection, ayant posé une série détaillée de questions relatives à la formation des pilotes, en particulier sur l’UKMFTS. Ses interrogations abordent divers aspects tels que les taux de passage, le taux d’abandon à différentes étapes, la disponibilité des instructeurs, le nombre d’heures de simulateur, les délais entre les sessions de formation, ainsi que la question plus générale de l’adéquation du flux de formation aux besoins opérationnels de la Royal Air Force, de la Royal Navy et de l’Armée de terre.
Le pipeline de formation des pilotes fait l’objet d’une surveillance constante au Parlement et dans les médias depuis plusieurs années. On y observe des préoccupations quant aux retards dans le système, la durée nécessaire pour faire passer les élèves de la formation élémentaire à la conversion opérationnelle, et les conséquences de ces délais sur la disponibilité des forces opérationnelles, ce qui motive un questionnement soutenu.
Le défi du ministère de la Défense pour gérer le volume élevé de questions écrites parlementaires reçues n’est pas une nouveauté. À plusieurs reprises, des ministres de la Défense et des hauts fonctionnaires ont évoqué, lors d’auditions devant des commissions parlementaires et lors de discussions sur les politiques, les implications en termes de ressources que représente cette charge, notamment quand les questions requièrent la compilation d’informations détaillées issues de multiples sources sur des sujets opérationnels, personnels ou contractuels.
Le droit des députés et des pairs à poser des questions écrites est une caractéristique ancienne et constitutionnellement importante de la responsabilité parlementaire. La convention veut que les ministres apportent des réponses complètes, dans les limites imposées par la sécurité nationale, la confidentialité commerciale et la faisabilité raisonnable.
