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Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré samedi qu’il n’existait aucune solution militaire au conflit croissant entre l’Arabie saoudite et les rebelles Houthis soutenus par Téhéran au Yémen, alors que les deux camps s’échangent des attaques.

« Nous estimons qu’il n’y a pas de solution militaire au problème du Yémen, du détroit de Bab el-Mandeb et d’autres questions régionales », a affirmé Araghchi dans une interview publiée samedi par le quotidien officiel Iran Daily, appelant à la « dialogue ».

Il a ajouté que la situation au Yémen « ne peut être imputée à l’Iran » et que les incidents survenus dans le détroit de Bab el-Mandeb sont « enracinés dans de vieux différends entre le Yémen, l’Arabie saoudite et les pays de la région ».

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a tenu des propos similaires, affirmant que Téhéran était prêt à faciliter toute discussion entre les parties en conflit.

Le conflit renouvelé entre les Houthis et l’Arabie saoudite, jusque-là largement gelé depuis un cessez-le-feu négocié par l’ONU en 2022, a repris de plus belle ce mois-ci lorsque les rebelles ont annoncé un blocus des ports saoudiens et revendiquaient des attaques contre des pétroliers.

Ce blocus menace la capacité de l’Arabie saoudite à exporter ses marchandises à l’échelle mondiale, notamment en raison du blocus parallèle imposé par l’Iran sur le détroit d’Hormuz, seule autre voie maritime ouverte au royaume.

« Revenir sur la voie du dialogue et assurer la mise en œuvre intégrale de la feuille de route convenue est la seule manière de mettre fin aux souffrances du peuple yéménite et de préserver la sécurité et la stabilité dans la région », a souligné Baqaei.

En décembre 2023, l’Arabie saoudite et les Houthis s’étaient engagés dans un processus de paix, mais celui-ci a été compromis pendant la guerre Israël-Hamas à Gaza, lorsque les rebelles ont frappé des cibles en Israël ainsi que des navires dans la mer Rouge et le golfe d’Aden.

Vendredi, un porte-parole houthis a insisté sur le fait que les rebelles ne bloquaient pas tout le trafic à travers le détroit de Bab el-Mandeb, précisant que le blocus maritime « ne concerne que la partie saoudienne ».