Le ministère de la Défense a réaffirmé que le programme Global Combat Air Programme (GCAP) reste en principe ouvert à de nouveaux pays partenaires, dans une réponse écrite à une question parlementaire suite à l’annulation du rival franco-germano-espagnol Future Combat Air System (FCAS).
Lord Lee of Trafford, membre libéral-démocrate de la Chambre des lords, avait interrogé le gouvernement sur l’évaluation des implications et des opportunités que la fin du projet franco-allemand conjoint de développement d’un avion de combat de nouvelle génération pouvait représenter pour le GCAP.
Le ministre d’État au ministère de la Défense, Lord Coaker, a répondu : « Le Global Combat Air Programme (GCAP) a été conçu avec les Alliés et partenaires au cœur du dispositif, et l’interopérabilité au centre de son développement. Nous, ainsi que nos partenaires italiens et japonais, convenons que ce programme est en principe ouvert à des partenaires supplémentaires afin d’assurer un partage des charges, des bénéfices industriels et des opportunités de croissance, à condition que la livraison du programme soit garantie. Les décisions concernant tout nouveau partenaire seront prises conjointement avec l’Italie et le Japon. »
Cette réponse confirme la position que les trois capitales du GCAP défendent depuis la formalisation du programme trilatéral sous l’égide de l’organisme gouvernemental international GIGO, à savoir Londres, Rome et Tokyo conservent une autorité conjointe sur les décisions d’admission de nouveaux membres. Le texte évite toute référence explicite à l’Allemagne, la France ou l’Espagne, mais le contexte temporel et la formulation rendent la situation limpide.
Le FCAS a été officiellement annulé le 8 juin, mettant fin à neuf années de collaboration trilatérale entre la France, l’Allemagne et l’Espagne sur un avion de combat de sixième génération, accompagné de drones porteurs à distance et d’un cloud de combat associé. Le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont convenu de mettre un terme à la partie « Next Generation Fighter » du programme, après que la médiation industrielle entre Dassault Aviation et Airbus Defence and Space n’a pas permis de résoudre les différends persistants portant sur la direction du projet, la répartition des tâches et la propriété intellectuelle.
Dans ce différend, l’Espagne, en tant que partenaire junior, s’est en grande partie alignée sur les positions allemandes, mais a exprimé sa déception quant à cette issue. Certains éléments plus larges de l’écosystème FCAS, notamment les initiatives liées aux drones et les technologies de cloud de combat, pourraient se poursuivre sous forme de projets indépendants de moindre envergure, mais l’avion piloté, au cœur du programme, est abandonné.
Pour le GCAP, l’abandon du FCAS redessine le paysage européen de l’aviation de combat et soulève une série de questions stratégiques et industrielles que les trois nations partenaires n’avaient jusqu’à présent que peu abordées publiquement. Le programme vise une entrée en service en 2035 d’un avion de combat de sixième génération piloté, accompagné du développement de systèmes adjoints non pilotés ainsi que de l’architecture complète du cloud de combat et des systèmes nécessaires pour les soutenir. BAE Systems pilote l’effort industriel britannique, aux côtés de Leonardo en Italie et de Japan Aircraft Industrial Enhancement Co au Japon, tandis que Rolls-Royce, Avio Aero et IHI Corporation travaillent sur la chaîne de propulsion. Parmi les principaux fournisseurs figurent également MBDA, ELT et Mitsubishi Electric.
La mention par Lord Coaker de « partage des charges, bénéfices industriels et opportunités de croissance, tant que la livraison du programme est assurée » constitue le cadre des critères sur lesquels seront évalués les candidats potentiels au partenariat.