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Le ministère de la Défense du Royaume-Uni a révélé que la Russie possède plus de 4 000 ogives nucléaires opérationnelles, selon le document « La dissuasion nucléaire du Royaume-Uni : un effort national » publié en août 2026. Ce document souligne que Moscou investit massivement dans la modernisation et l’expansion de ses forces nucléaires, notamment avec des systèmes d’armes capables de transporter aussi bien des ogives conventionnelles que nucléaires.

La Russie est décrite comme une menace croissante, adoptant une posture plus agressive et utilisant une rhétorique nucléaire irresponsable. Elle déploie sa « tríade nucléaire stratégique » avec des capacités de lancement terrestre, maritime et aérienne à longue distance, ainsi que des plateformes capables de frappes à plus courte portée. Le ministère britannique attire l’attention sur le développement russe de systèmes « duaux » pouvant être équipés d’ogives conventionnelles ou nucléaires, ce qui complique la détermination de leur usage en cas de conflit. Le Royaume-Uni ajoute que des systèmes de ce type ont été utilisés par la Russie sur le théâtre ukrainien, sans impliquer l’usage d’armes nucléaires.

En parallèle, la Chine dispose d’environ 600 ogives nucléaires et multiplie rapidement ses capacités selon le gouvernement britannique, avec une prévision de quadruplement d’ici 2035. La Corée du Nord, quant à elle, poursuit le développement de son arsenal nucléaire et la mise au point de missiles longue portée, restant le seul État de ce siècle à avoir procédé à des essais nucléaires. Par ailleurs, l’Iran semble se rapprocher de la capacité de production de matière fissile pour armes nucléaires.

Face à cet environnement géostratégique jugé dégradé, le Royaume-Uni renforce et modernise ses capacités nucléaires avec un programme ambitieux, le « programme nucléaire triple garantie ». Il comprend la construction de quatre sous-marins lanceurs d’engins de classe Dreadnought, destinés à remplacer les Vanguard dès le début des années 2030, assurant une dissuasion continue en mer depuis 1969.

Le Royaume-Uni renouvelle également sa contribution à la dissuasion nucléaire de l’OTAN en commandant au moins 12 avions F-35A à double capacité. Basés à la RAF Marham, ils pourront transporter des armes nucléaires américaines sous contrôle américain en cas de crise, ce qui marque le retour d’un rôle nucléaire à la Royal Air Force après plusieurs décennies.

Le gouvernement britannique maintient sa doctrine de dissuasion nucléaire indépendante, minimale et crédible, réservée à des circonstances extrêmes de légitime défense, y compris pour la défense des alliés de l’OTAN, avec une autorisation d’emploi nucléaire exclusivement confiée au Premier ministre.

Enfin, le Royaume-Uni affirme que cette modernisation s’inscrit en cohérence avec ses engagements en faveur du désarmement mondial mais estime que le contexte actuel l’oblige à maintenir ses capacités aussi longtemps que nécessaire, faute d’actions similaires de la part d’autres puissances nucléaires.

Sources : galaxiamilitar