L’élargissement de la zone de frappe le long de la ligne de front en Ukraine rend inefficace une grande partie des munitions d’artillerie actuellement disponibles, ce qui augmente la demande pour des projectiles à plus longue portée, souvent plus coûteux, dont le financement peine à suivre, selon un haut responsable militaire de l’OTAN.
Lors de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, il a été expliqué que cette dynamique est liée à ce que les combats désignent comme la « zone de frappe », cette étendue de no man’s land entre les forces ukrainiennes et russes qui s’est tellement élargie que ni l’un ni l’autre camp ne peut approcher ses équipements ou systèmes sans risquer d’être détecté et frappé par des drones ou d’autres moyens. Cette situation contraint à reculer les postes logistiques, postes de commandement et points de lancement des drones au-delà de la portée d’environ 20 km des munitions d’artillerie standard.
Cette évolution signifie que, même si l’Ukraine dispose désormais de stocks suffisants d’obus d’artillerie classiques à courte portée, ceux-ci ne peuvent souvent pas atteindre leurs cibles, a précisé l’officier. L’armée ukrainienne dépend donc d’obus à longue portée, d’une portée de 30 km ou plus, pour frapper les nœuds logistiques, les centres de commandement et les sites de lancement de drones désormais hors de portée des munitions traditionnelles.
Le problème réside dans le fait que ces munitions à portée étendue sont nettement plus coûteuses. Le financement allié, notamment dans le cadre de l’initiative tchèque coordonnant l’achat de munitions d’artillerie pour l’Ukraine, permet aujourd’hui d’en acquérir moins qu’auparavant, lorsque les obus à courte portée suffisaient. L’officier a indiqué « je ne peux pas confirmer une baisse totale de la volonté des États à financer », mais a reconnu que la demande en obus longue portée croît plus vite que les budgets alloués.
L’artillerie reste un outil crucial malgré la prolifération des drones, a insisté l’officier, expliquant simplement que « l’artillerie compte toujours » car elle peut atteindre des objectifs logistiques et de commandement que d’autres systèmes ne frappent pas aussi efficacement. C’est pourquoi la demande en obus à plus longue portée augmente en même temps que l’usage global de l’artillerie évolue. L’OTAN continue d’ailleurs à chercher des financements supplémentaires pour optimiser les capacités du programme.