Les projets de modernisation de la force aérienne marocaine ont subi un contretemps avec le report prévu de la livraison des chasseurs Mirage 2000-9 initialement issus des Émirats arabes unis, conséquence directe des tensions accrues au Moyen-Orient.
Tandis que l’Algérie, voisin et rival régional, reçoit des avions russes Su-57 et Su-35S, la Force aérienne marocaine est impatiente de renforcer ses capacités avec les Mirage 2000-9. Par ailleurs, le Maroc doit aussi recevoir de nouveaux F-16, sans avoir encore confirmé de commande de F-35.
Un accord tripartite entre la France, les Émirats arabes unis et le Maroc
Selon des informations récentes, la livraison prévue de 30 Mirage 2000-9 en provenance des Émirats arabes unis est reportée. Ce retard est directement lié à la guerre au Moyen-Orient, qui pousse Abu Dhabi à conserver ses appareils dans un contexte régional instable.
Ce transfert s’inscrit dans un accord signé en 2021 entre la France, les Émirats arabes unis et le Maroc. Dans ce cadre, les Émirats ont commandé 80 Rafale F4 auprès de la France, s’engageant à céder 30 de leurs anciens Mirage 2000-9E au Maroc.
Initialement, la France avait bloqué cette transaction, invoquant la nécessité de son approbation pour tout transfert des avions vers Rabat. Cette réticence s’expliquait en partie par une préférence pour réaffecter ces appareils vers l’Ukraine.
En dépit d’une livraison très limitée de Mirage issus de ses propres réserves à l’Ukraine, la France avait finalement autorisé en 2024 cette concession, tout en reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Conséquences du conflit au Golfe et autres incertitudes
Après le feu vert français, la remise des avions au Maroc était attendue vers 2027. Cependant, en raison du conflit dans le Golfe, les Émirats préfèrent désormais conserver leurs Mirage jusqu’à la livraison complète et l’intégration des Rafale.
Les premiers Rafale sont prévus pour 2026, avec un achèvement des livraisons en 2031. Malgré ce délai, les Émirats continuent d’investir dans la maintenance des Mirage afin de garantir leur bon état lors du transfert futur vers le Maroc.
Par ailleurs, du personnel militaire et technique marocain a été dépêché aux Émirats pour aider à la défense du pays face aux attaques iraniennes. Le Maroc est ainsi le seul pays arabe à offrir un soutien direct sur le terrain, en compagnie du Royaume-Uni, de l’Ukraine, de la France et d’autres partenaires internationaux.
Le retrait des Émirats du financement de la modernisation des Rafale F5 conjointement avec la France, ainsi que des interrogations plus larges sur leur engagement dans le programme Rafale, ajoutent une couche d’incertitude à l’évolution de cet accord.
Le Maroc espère également réceptionner en 2026 le premier exemplaire de ses 24 F-16 Block 70/72 achetés aux États-Unis, tout en procédant à la modernisation de ses avions plus anciens au standard Viper.
La course aux armements entre l’Algérie et le Maroc
Une course aux armements discrète se joue en Afrique du Nord. L’Algérie consacre jusqu’à 8 % de son PIB aux dépenses militaires et importe des Sukhoï Su-35S et Su-57 auprès de la Russie.
Restant un client fidèle majeur pour Moscou, l’Algérie affiche des ambitions militaires importantes, suscitant toutefois des questions quant à la pérennité de son effort.
En tant que fournisseur clé de gaz pour l’Europe, le pays utilise ces revenus pour soutenir ses achats de matériel militaire.
Le Maroc opte pour une démarche différente. Refusant d’engager une course effrénée aux armements, il a toutefois accru ses dépenses militaires à environ 3,5 % de son PIB.
Des rumeurs circulaient sur un éventuel achat de F-35 par le Maroc, mais aucune commande officielle n’a été confirmée pour le moment. Le pays semble privilégier une stratégie axée sur l’acquisition de matériels d’occasion provenant d’autres États, tout en se concentrant sur le développement économique.
Il convient de souligner que le Maroc dispose aujourd’hui d’un secteur aéronautique et spatial significatif et en pleine expansion.