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Une étude récente menée par l’armée américaine révèle que les femmes terminant l’école Ranger présentent des conditions physiologiques plus stables que leurs homologues masculins. Cette recherche, réalisée par l’U.S. Army Research Institute of Environmental Medicine, analyse les réactions hormonales et physiologiques des soldats après avoir suivi ce programme d’entraînement intensif de 61 jours.

L’école Ranger, basée à Fort Benning, en Géorgie, est réputée pour être l’une des formations les plus éprouvantes du cycle militaire. Les candidats y affrontent des environnements exigeants – montagnes, marais, entraînements sur le terrain – tout en subissant un déficit chronique de sommeil et de calories, ne consommant en moyenne que deux repas prêts à consommer (MRE) par jour. Ces conditions extrêmes exposent les soldats à de sévères déséquilibres énergétiques et à un risque accru de troubles liés à la récupération et à la santé physique.

Selon Holly McClung, chercheuse principale de l’étude, peu de recherches ont été menées depuis l’ouverture de l’école aux femmes en 2015, notamment pour comprendre les effets du stress prolongé lié au manque de sommeil et de nourriture. Cette étude, publiée dans le Journal of Applied Physiology, s’inscrit dans un contexte plus large de débat politique sur la place des femmes dans des rôles militaires physiquement exigeants, y compris en situation de combat.

Les chercheurs ont suivi 37 participants – 27 hommes et 10 femmes – tout au long des trois phases distinctes de la formation, en recueillant des échantillons sanguins et urinaires, en réalisant des enquêtes et en mesurant la composition corporelle. Leur objectif principal était de comprendre comment le corps réagit à un stress prolongé, en s’intéressant à la performance physique, à la masse musculaire, aux niveaux hormonaux et à l’équilibre énergétique.

Les résultats montrent que les hommes subissent des perturbations physiologiques beaucoup plus marquées. « Les marqueurs physiologiques masculins sont particulièrement sensibles aux dysfonctionnements », tandis que chez les femmes, les modifications sont limitées et principalement observées lors de la phase de montagne, alors que chez les hommes, les changements affectent de nombreux marqueurs à travers toutes les phases.

« Ces résultats indiquent que la physiologie masculine peut être disproportionnellement affectée dans des environnements multi-stress », affirment les chercheurs, qui recommandent des études futures pour mieux comprendre les facteurs spécifiques provoquant ces différences et expliquer la résilience féminine.

Autre enseignement intéressant : les hommes et les femmes mobilisent leurs sources énergétiques différemment. « Les hommes puisent dans leur masse musculaire, tandis que les femmes activent davantage la lipolyse, utilisant les graisses comme source d’énergie », explique McClung. Cette distinction reflète la composition corporelle propre à chaque sexe et pourrait expliquer une meilleure endurance féminine dans des situations prolongées.

Ces conclusions rejoignent d’autres études sur l’endurance, notamment une recherche de 2016 qui indiquait que les femmes sont généralement moins sujettes à la fatigue que les hommes. Cependant, la représentation féminine limitée dans ces études demeure un frein à une compréhension exhaustive des différences sexuelles en matière de performance physique.

« Traditionnellement, les femmes avaient moins d’opportunités d’entraînement, mais cette situation évolue fortement depuis vingt ans », souligne la chercheuse, « et elles semblent désormais prendre une place croissante dans les sports d’endurance ».

Par ailleurs, l’armée a complété cette étude par d’autres analyses sur l’équilibre énergétique, la composition corporelle, ainsi que sur la performance physique, le sommeil et les réponses psychologiques des soldats.

« Les femmes apparaissent légèrement plus résistantes, ce qui suggère la nécessité d’étendre l’échantillon d’étude », conclut Holly McClung. Toutefois, elle rappelle qu’« un combattant d’élite reste un combattant d’élite, indépendamment du sexe ».

Soldats US Army Ranger en entraînement physique
Des soldats effectuent une course de 8 km lors de l’évaluation physique Ranger. Photographie : Patrick A. Albright, U.S. Army.
Démonstration d’escalade par des Rangers US Army
Étude portant sur la réponse physiologique des hommes et femmes soldats lors des formations difficiles de l’école Ranger. Photo : 1st Sgt. Austin Berner, U.S. Army Reserve.