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Les munitions à sous-munitions ont causé au moins 1 063 morts ou blessés dans le monde en 2025, ce qui représente le troisième bilan annuel le plus élevé jamais enregistré. Parmi ces victimes, 87 % sont des civils, dont de nombreux enfants, selon un rapport récent.

Sur l’ensemble des pays touchés, 946 personnes ont été victimes lors d’attaques directes, tandis que 117 autres ont été blessées par des restes explosifs non explosés.

Les pays où de nouvelles victimes ont été recensées incluent l’Afghanistan, le Cambodge, l’Irak, le Laos, le Liban, le Myanmar, la Russie, la Syrie et l’Ukraine. Ces munitions se caractérisent par la dispersion de petites charges explosives, ou sous-munitions, qui ne détonnent pas toujours à l’impact, restant ainsi une menace longtemps après les combats.

L’Ukraine enregistre le plus lourd bilan avec au moins 927 victimes l’an dernier, ce pour la quatrième année consécutive. La Russie et l’Ukraine continuent toutes deux à utiliser ces armes, aucun des deux pays n’étant signataire de la Convention sur les munitions à sous-munitions.

Moscou affirme que ces armes sont légales et attribue les victimes civiles à un usage inapproprié, tandis que l’armée ukrainienne déclare respecter le droit international humanitaire dans leur emploi. En outre, il a été confirmé que des munitions à sous-munitions d’origine nord-coréenne ont été utilisées par les forces russes en Ukraine.

Le rapport mentionne également l’usage de ces armes par le Myanmar sur son territoire, par l’Iran contre Israël, ainsi que par la Thaïlande lors de son conflit frontalier avec le Cambodge, et des cas en Mali dont l’identité du responsable reste inconnue. Des allégations concernent aussi le Pakistan en Afghanistan, les États-Unis ou Israël en Iran, les Houthis contre Israël, et Israël au Liban.

En termes de production, 18 pays continuent de produire ou se réservent le droit de produire ces munitions, parmi lesquels la Chine, l’Inde, Israël, la Birmanie, la Corée du Nord, la Pologne, la Roumanie, la Russie et la Corée du Sud. Israël a par ailleurs été engagé pour fabriquer et transférer ces munitions aux États-Unis en septembre 2025.

Depuis l’entrée en vigueur de la Convention de 2008, qui compte 112 États parties et 12 signataires, aucun pays membre n’a été confirmé comme utilisant, produisant ou transférant ces armes. Cependant, la Lituanie a été la première à se retirer en 2025. Selon le rapport, 42 pays ont détruit leurs stocks déclarés, totalisant 1,49 million de munitions à sous-munitions et 179 millions de sous-munitions.

Malgré une augmentation de 15 % des zones déminées et rendues à un usage civil en 2025, 29 pays et territoires restent contaminés. Environ 116 millions de dollars ont été alloués au déminage et aux actions connexes, mais des coupures dans l’aide américaine ont perturbé les opérations en Asie du Sud-Est et réduit les capacités de déminage en Afghanistan, en Irak et au Soudan du Sud. Elles ont également conduit à la fermeture d’un important projet d’aide aux victimes au Laos, toujours le pays le plus affecté par ces armes plus de 50 ans après la fin des bombardements.

Sources : thedefensepost