Navantia a présenté en août 2026 à l’occasion des DALO Industry Days au Danemark une maquette de sa nouvelle fragate F-110 Flight II / IAMD, une version améliorée de la classe F-110 (Bonifaz) destinée à renforcer significativement les capacités de défense aérienne dans des scénarios de guerre navale de haute intensité.
Cette nouvelle variante, qui sera livrée à la Marine espagnole à raison de deux unités supplémentaires aux cinq déjà en commande de la Flight I (dont trois en construction), est aussi proposée pour l’exportation, notamment pour répondre aux besoins futurs de la Marine royale danoise.
Le design de la F-110 Flight II se base sur celui de la Flight I mais avec une conception plus grande : environ 150 mètres de long (5 m de plus) pour 18,6 mètres de large et un déplacement en charge d’environ 6700 tonnes, soit 600 tonnes de plus que la précédente. Malgré cette augmentation de taille, elle reste plus puissante que la fragate F-100 (classe Álvaro de Bazán), affichant une vitesse maximale supérieure à 29 nœuds grâce à des turbines à gaz renforcées, permettant à la F-110 Flight II de tenir le rythme des groupes de porte-avions et notamment d’assumer un rôle de commandement de défense aérienne dans ces groupes.
Sa portée opérationnelle est d’environ 4100 milles nautiques à 12 nœuds et elle embarque environ 170 marins plus 37 personnes supplémentaires pour missions spécialisées ou états-majors, avec une baie multimission optimisée pour héberger des RHIB, des systèmes non tripulés et des modules de mission divers.
En armement, la fragate intègre deux systèmes VLS Mk 41 – un Strike Length de 48 cellules devant le pont de commandement et un Tactical Length de 16 cellules devant le hangar – totalisant 64 cellules. Elle peut ainsi embarquer jusqu’à 64 missiles surface-air SM-2 de longue portée ou jusqu’à 256 missiles RIM-162 ESSM en configuration multiplexée, apportant une défense aérienne de très haut niveau.
Pour la guerre de surface, le navire dispose de huit missiles Kongsberg Naval Strike Missiles (NSM) en deux lanceurs quadruples, tandis que sa capacité antisous-marine repose sur deux lanceurs doubles de torpilles Mk 32 Mod 9 pour torpilles Mk 54 et le soutien d’un hélicoptère NH-90 ou MH-60R embarqué.
Le canon principal est un Leonardo OTO 127/64 LW de 127 mm, capable de tir naval classique et d’attaques de précision à longue distance. La défense rapprochée est assurée par deux systèmes d’armes téléopérés Escribano Sentinel 30 mm (présentés comme CIWS), complétés par quatre systèmes Sentinel 2.0 de 12,7 mm et plusieurs mitrailleuses lourdes. Le système de défense inclut aussi six lanceurs de leurres SRBOC Mk36, une arme à énergie dirigée (DEW) et des lanceurs de munitions merodeuses pour contrer les missiles antinavires avancés.
Sur le plan électronique, la fragate conserve un radar multifonctions AN/SPY-7(V)2 de bande S amélioré avec 100 sous-matrices contre 68 sur la Flight I, destiné à améliorer la détection, le suivi et la discrimination des menaces multiples. Il est couplé au système CEC (Cooperative Engagement Capability) et à un logiciel de gestion des armes Aegis International IAFCL, tous intégrés au système de gestion de combat SCOMBA conçu par Navantia.
L’équipement comprend également le radar de surveillance PRISMA-25X de l’espagnol Indra, des systèmes de guerre électronique RIGEL i110 (R-ESM/R-ECM), REGULUS i110 C-ESM, système IFF et IRST i110 développés avec Technobit, ainsi que le sonar de coque BLUEMASTER, le sonar tracté CAPTAS-4 Compact, et d’autres capteurs sous-marins fournis par Thales. La lutte anti-torpille est assurée par le système AN/SLQ-25E NIXIE de Lockheed Martin.
La plateforme très automatisée présente un design éprouvé, une forte résistance au combat incluant la protection CBRN, une structure compartimentée avec contrôle avancé des dégâts, et est conforme aux normes internationales (IACS, ANEP-77, SOLAS, MARPOL). Sa propulsion CODLAG combine performance, discrétion acoustique et autonomie.
Enfin, la F-110 Flight II est conçue pour supporter une large palette de moyens embarqués, des hélicoptères NH90 et MH-60R aux drones aériens et embarcations diverses, offrant ainsi une grande modularité et un potentiel d’évolution selon les besoins futurs.
