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L’Assemblée générale des Nations unies a ouvert ses travaux le 8 septembre 2023, offrant aux dirigeants mondiaux une tribune essentielle pour défendre leurs priorités diplomatiques dans un contexte marqué par une révision des rôles traditionnels sur la scène internationale.

Face à la redéfinition de la position américaine, souvent critique voire désengagée, plusieurs acteurs mondiaux adoptent des postures stratégiques :

Les États-Unis ont réduit leur soutien et financements aux institutions de l’ONU, donnant ainsi un signal fort sur leur volonté de laisser davantage les alliés prendre en charge la sécurité globale. Ce retrait crée un vide que d’autres puissances cherchent à combler.

La Chine poursuit une montée en puissance mesurée au sein de l’ONU en cherchant à accroître la présence de ses ressortissants à des postes clés et à utiliser sa contribution financière – représentant près de 20 % du budget – comme levier d’influence renforcé. Ce positionnement vise à légitimer ses politiques étrangères et à ancrer sa rhétorique dans les institutions internationales, sans créer de confrontation ouverte avec Washington.

La Russie, pour sa part, exploite les difficultés occidentales pour promouvoir un ordre international multipolaire favorable à sa vision, en critiquant notamment la supposée hypocrisie des normes internationales appliquées sélectivement. La guerre en Ukraine demeure un sujet central, Moscou cherchant à déplacer les discussions vers des négociations bilatérales directes plutôt que les forums multilatéraux.

Téhéran continue de valoriser l’utilité du système multilatéral malgré des contentieux majeurs avec les États-Unis et Israël. Le président iranien Mettra Pezeshkian s’emploiera à souligner la résistance de son pays face aux conflits et à attirer la sympathie du Sud global autour d’un monde multipolaire en déclinant l’impérialisme américain.

Du côté européen, les gouvernements maintiennent leur mobilisation pour soutenir l’Ukraine, avec la France qui, en tant que présidente tournante du Conseil de sécurité, prévoit une réunion ministérielle sur le conflit. Toutefois, la lassitude internationale et la montée d’autres crises comme le conflit israélo-palestinien et les tensions avec l’Iran complexifient ces efforts.

La Corée du Sud mettra en avant une politique de coexistence pacifique et une approche plus pragmatique vis-à-vis des objectifs d’unification et de dénucléarisation. Elle souhaite également accentuer son rôle dans la gouvernance technologique mondiale, en promouvant notamment une initiative d’intelligence artificielle inclusive et responsable (« AI for All ») ainsi qu’un Global AI Hub destiné à rassembler expertises et infrastructures pour relever les défis globaux.

En somme, l’Assemblée générale 2023 reflète un monde en mutation où les équilibres traditionnels sont contestés, les puissances émergentes étendent leur influence tandis que les grands enjeux géopolitiques tels que la guerre en Ukraine, le Moyen-Orient et les nouvelles technologies numériques restent au cœur des débats.

Sources : Warontherocks