Face au risque de perte du système GPS dans un conflit majeur, l’US Air Force a mené un vol d’essai important au-dessus de l’Alaska, utilisant une technologie de navigation quantique innovante appelée Magnetic Anomaly Aided Navigation (MagNav).
Le test, supervisé par la Defense Innovation Unit du Pentagone, a consisté en un vol aller-retour de quatre heures entre Seattle et le sud de l’Alaska, à bord d’un Embraer 170 civil modifié. Cette navigation s’appuyait sur des capteurs quantiques capables de lire une carte magnétique détaillée des anomalies géologiques sous-jacentes à la croûte terrestre.
Contrairement au GPS, le système MagNav exploite les signatures magnétiques uniques des différents dépôts minéraux, tels que le charbon, le pétrole, les veines de fer ou les granites formant les chaînes de montagnes. Ces champs magnétiques naturels sont stables, impossibles à brouiller ou à masquer, et indépendants des conditions climatiques.
Le système développé par Honeywell utilise donc une carte magnétique très précise des formations géologiques de la Terre et des capteurs quantiques pour filtrer le champ magnétique terrestre dominant et écarter les perturbations magnétiques générées par l’appareil lui-même.
Les capteurs quantiques détectent les effets des champs magnétiques sur des particules subatomiques, ce qui permet un positionnement nettement amélioré. Selon le Pentagone, le vol d’août a permis d’améliorer la précision de navigation de 89% par rapport aux méthodes de secours traditionnelles lors d’un survol en pleine mer sans GPS.
Cette avancée technologique est un pas majeur vers le déploiement futur de cette navigation sur d’autres appareils militaires, notamment un C-17 prévu pour des essais ultérieurs cette année, renforçant ainsi la capacité de voler avec précision dans un environnement sans GPS.