La Royal Navy s’est fixé un calendrier précis pour mettre en service un drone de combat à décollage et atterrissage courts (STOVL) depuis l’un de ses porte-avions de classe Queen Elizabeth. Le ministère de la Défense a annoncé au Parlement son intention de réaliser une démonstration embarquée d’un appareil collaboratif non piloté (Collaborative Combat Aircraft) dans les 18 prochains mois.
Ce projet, déjà évoqué par le First Sea Lord, le général Sir Gwyn Jenkins, lors du salon DSEI en septembre 2025, vise à lancer « dès l’an prochain » un démonstrateur d’avion de chasse autonome propulsé par réaction à partir d’un porte-avions Queen Elizabeth. Ce qui a évolué depuis, c’est le cadre officiel donné au projet, confirmé par un ministre, assorti d’une échéance claire, et conditionné à la validation du Plan d’Investissement de la Défense, document budgétaire stratégique ayant provoqué les démissions récentes du ministre de la Défense et du ministre des Forces armées.
Luke Pollard, ministre de la Préparation à la Défense et de l’Industrie, a détaillé le programme dans une réponse écrite à Ben Obese-Jecty, député conservateur de Huntingdon, qui s’enquérait des avancées du projet VANQUISH, initiative dédiée à la mise au point d’une plateforme autonome à décollage et atterrissage courts, capable d’opérer depuis les porte-avions britanniques.
Le ministre a précisé que les travaux portent sur « l’étude de faisabilité, l’engagement industriel et le développement des options avant toute décision d’acquisition ». Si les décisions d’investissement restent « soumises à l’issue du Plan d’Investissement de la Défense », la Royal Navy, en partenariat avec l’industrie, prévient qu’elle compte réaliser une démonstration embarquée d’un drone de combat collaboratif à bord d’un porte-avions Queen Elizabeth dans un délai de 18 mois.
Le projet VANQUISH, conçu comme le vecteur principal de la Royal Navy pour exploiter des avions autonomes depuis ses navires, n’est pas une nouveauté. Mais cette annonce traduit une évolution majeure, passant du stade du concept à celui d’un essai concret sur un porte-avions, même si de nombreuses questions restent en suspens sur le choix final des équipements et le calendrier complet du programme.
Un Collaborative Combat Aircraft est un drone de combat à propulsion jet, conçu pour opérer en complément d’appareils pilotés, emportant capteurs, armements ou équipements de guerre électronique. Il agit comme un multiplicateur de force pour un nombre réduit d’avions pilotés. Pour la Royal Navy, la mise en service d’un tel appareil depuis ses porte-avions augmenterait significativement la portée et la puissance de la composante aérienne, au-delà de l’actuel F-35B Lightning, seul avion de chasse rapide embarqué sur ces bâtiments. Cela s’inscrit dans la logique du concept d’Hybrid Air Wing développé dans la Revue Stratégique de Défense, combinant avions pilotés, hélicoptères et drones.
Les porte-avions Queen Elizabeth ont déjà servi de plateforme d’essais pour des vols de drones, avec des démonstrations réussies de décollage et d’appontage d’appareils à voilure fixe. Ces expérimentations permettent de résoudre les défis techniques liés au lancement et à la récupération d’appareils autonomes en mer, sans système de catapultage ni brins d’arrêt.
Le programme reste toutefois soumis à la condition sine qua non de l’adoption du Plan d’Investissement de la Défense, document sensible et encore non rendu public, sur lequel reposent de nombreuses décisions majeures à venir, allant du remplacement des systèmes de surveillance aéroportée Crowsnest à l’avenir de la flotte de surface britannique.
