Près d’un tiers de l’augmentation de 15 milliards de livres inscrite au cœur du Plan d’Investissement de la Défense reste à confirmer et ne sera fixé qu’à l’occasion du Budget d’automne, comme l’a révélé la déclaration de la chancelière de l’Échiquier.
Dans une déclaration écrite détaillant les modalités de financement, Rachel Reeves a précisé que sur les 15 milliards de livres, 10,3 milliards avaient déjà été identifiés, tandis que 4,7 milliards, sur quatre ans, seront confirmés lors du Budget 2026, qui sera mis en œuvre « de manière juste et équilibrée ». Cette somme restante, loin d’être marginale, représente près d’un tiers du montant total annoncé, et c’est précisément cette part du financement dont les économies à réaliser restent à définir.
Le calendrier accentue l’importance de ce point, car les chiffres publiés avec la déclaration montrent que la part encore à confirmer se concentre davantage sur les premières années. Ainsi, 1,8 milliard de livres est attendu dès l’exercice financier 2026-2027 en cours, avant de diminuer progressivement à 1,1 milliard, 1,0 milliard et 0,9 milliard les trois années suivantes. La plus grande tranche du financement encore incertain est donc nécessaire dès maintenant, dans une année déjà engagée, bien avant que le budget d’automne ne vienne l’entériner.
Cette déclaration esquisse, de manière générale, les mécanismes prévus pour combler ce déficit. Le Trésor indique que les différents ministères devront générer des gains d’efficience, annuler ou retarder certains programmes considérés comme moins prioritaires et céder des actifs, notamment des terrains et bâtiments peu utilisés, dans le cadre d’un portefeuille immobilier gouvernemental évalué à 1,9 trillion de livres. Les détails spécifiques sont réservés à une phase ultérieure : les ministères sont invités à présenter leurs plans en temps voulu. Même certaines économies déjà intégrées, comme les 700 millions issus du budget routier du ministère des Transports ou les 2 milliards du ministère de la Sécurité énergétique et de la Neutralité carbone, ne seront précisément définies qu’à l’automne.
Le gouvernement a cependant indiqué plus clairement où ces économies seront réalisées, insistant sur le fait qu’elles concerneront des programmes à plus faible priorité, et non les services frontaliers essentiels. Un document explicatif publié conjointement précise que les ministères ont reçu pour consigne de retirer « 1 penny sur chaque livre » de leur budget d’investissement dès cette année. La contribution du ministère des Transports proviendra notamment d’une consultation sur une réduction de sa troisième stratégie d’investissement routier, évoquant la possible suppression des projets A38 Derby Junctions et A46 Newark Bypass, encore en phase précontractuelle et moins avancés que d’autres. Ces décisions feront l’objet de consultations avec les parties prenantes avant toute confirmation.
Ce rapport précise que les financements pour la réparation des nids-de-poule, l’entretien des routes locales ainsi que la construction de projets ferroviaires tels que le Northern Powerhouse Rail seront préservés. Pour sa part, le ministère de l’énergie devra réaliser sa part d’économies tout en continuant à soutenir les projets d’énergie renouvelable et nucléaire. Le Trésor qualifie ces choix de difficiles mais nécessaires, affirmant qu’ils ont été pris sans réduire les dépenses courantes des services essentiels. Cette affirmation sera néanmoins mise à l’épreuve lors des consultations et à mesure que les plans détaillés seront publiés plus tard dans l’année.
La dépendance aux ventes d’actifs s’inscrit également dans les années à venir, mais elle comporte une incertitude notable. Selon les estimations, ces ventes ne rapporteront rien la première année, puis 0,3 milliard, 0,3 milliard et 0,5 milliard dans les années suivantes. Ces recettes dépendent de la capacité du gouvernement à trouver des acheteurs au prix souhaité pour des biens immobiliers encore non identifiés, ce qui transfère une partie du financement hors du contrôle immédiat du Trésor.
Au-delà de ce plan quadriennal, les ambitions plus vastes reposent sur des décisions à venir. L’engagement à consacrer 3 % du PIB à la défense est fixé pour la prochaine législature, avec un financement et un calendrier à définir lors de la prochaine revue des dépenses publiques. L’objectif encore plus élevé de 3,5 % d’ici 2035 s’inscrit dans un horizon lointain et dépendra inévitablement des choix qu’un futur gouvernement, avec un premier ministre et une chancelière de l’Échiquier différents, devra réaliser et financer. Le discours de Rachel Reeves souligne la défense comme prioritaire pour cette future revue, une formulation inhabituelle pour le Trésor aussi en amont, bien que les crédits correspondants restent à allouer.