Saab a dévoilé un modèle grandeur nature de son concept de drone de combat sans pilote, nommé A3-001, lors du Salon aérien Jubilee à la base de Malmen à Linköping, en Suède. Ce drone vise à opérer en synergie avec les avions de chasse Gripen et les futurs appareils pilotés, pour créer un système intégré associant plateformes habitées et non habitées.
Les missions envisagées pour cet appareil concernent des environnements hautement contestés, notamment la guerre électronique, la suppression des défenses antiaériennes ennemies et les frappes de précision, des tâches que les commandants préfèrent confier à un système non habité afin de réduire les risques pour les pilotes.
Caractéristiques clés : Saab décrit son concept comme possédant une faible observabilité, un haut degré d’autonomie et la capacité d’opérer dans plusieurs domaines. Bien que les dimensions, le poids, la motorisation ou le coût n’aient pas encore été révélés, l’entreprise prévoit de faire voler des démonstrateurs dotés de capacités proches de celles d’un chasseur avant 2030.
Peter Nilsson, responsable de la division Advanced Programs chez Saab, a souligné que cette phase intensive de développement se fait en collaboration avec la Suède pour explorer les technologies qui constitueront la base des futurs systèmes aériens de combat. Le A3 représente la vision propre à Saab pour la génération de milieu des années 2030, en attendant une éventuelle décision gouvernementale suédoise.
Depuis son adhésion à l’OTAN en mars 2024, la Suède réfléchit à la manière de remplacer ou de compléter son parc de Gripen d’ici les années 2040. Après avoir quitté prématurément le programme Global Combat Air Programme (GCAP) avec le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, elle privilégie désormais le développement progressif du Gripen et l’investissement dans des systèmes non habités.
Le projet A3 s’inscrit dans une compétition internationale croissante autour des drones de combat avancés, avec les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Australie, la Turquie, la Corée du Sud et la Chine développant des plateformes similaires. Ce qui distingue l’approche suédoise est son ambition adaptée à une force militaire modeste et sa stratégie de maintien d’une industrie aéronautique indépendante et exportatrice, comme l’a démontré le succès international du Gripen.