Le ministère de la Défense britannique a attribué à Thales UK un contrat d’une valeur de 9,8 millions de livres sterling destiné à assurer le support du système qui gère et surveille toutes les activités Link 16 à travers le Royaume-Uni.
Publiée le 10 août 2026, la notification indique que le contrat a été conclu le 7 août. Il porte sur le support en service du système de gestion du réseau Link 16 pour une période initiale de deux ans, avec deux options de prolongation d’un an, ainsi que des options supplémentaires pour un support hors horaires en cas de crise. Les travaux seront réalisés à Templecombe dans le Somerset, où est implanté Thales UK.
Selon la notification, la défense britannique a un besoin constant de gérer et de surveiller l’activité Link 16 sur l’ensemble du territoire national, tout en étant capable de soutenir simultanément jusqu’à deux opérations déployées. Ce système permet aux opérateurs de suivre l’activité du réseau et d’ajuster son architecture afin de maintenir des conditions optimales. Il assure également la conformité aux accords de libération des fréquences établis entre le ministère et la Civil Aviation Authority, qui régissent l’utilisation de la forme d’onde Link 16 dans l’espace aérien britannique.
Ce contrat a été attribué sans mise en concurrence, la justification détaillée du ministère précisant qu’une seule offre a été reçue. La configuration de l’équipement est qualifiée d’unique, le logiciel installé appartenant et étant supporté par Thales en tant que fabricant d’équipement d’origine détenant les droits de propriété intellectuelle. Cela signifie que seule l’entreprise possède les connaissances techniques, les outils et l’expertise nécessaires. Selon la notification, toute modification à court terme du système pourrait entraîner l’impossibilité d’utiliser le réseau Link 16 sur l’ensemble des plateformes dans la région d’information de vol britannique, limitant considérablement la capacité des plateformes multisectorielles à s’entraîner pour les opérations.
Link 16 est le standard de liaison de données tactiques de l’OTAN, fonctionnant dans la bande L et permettant aux avions, navires et stations terrestres d’échanger des informations de suivi, de position et de commandement en quasi-temps réel, sans recourir à la communication vocale. Parmi les plateformes britanniques équipées figurent le Typhoon, le F-35B Lightning, le P-8A Poseidon, l’E-7 Wedgetail, les destroyers Type 45, les frégates Type 23 ainsi que les porte-avions de classe Queen Elizabeth, en plus des centres de commandement et contrôle au sol.
Le réseau est une ressource limitée, et non un canal ouvert. Link 16 divise les transmissions en créneaux horaires attribués à l’avance, et les participants doivent recevoir une assignation de créneaux via une conception du réseau avant de pouvoir se connecter. La gestion de ces designs, la résolution des conflits entre exercices et opérations, ainsi que le respect des bornes de fréquence convenues, sont les fonctions principales du système de gestion.
Ce dernier point est crucial au-delà du domaine militaire, puisque Link 16 utilise une bande partagée avec des aides à la navigation aéronautique civile, justifiant ainsi un accord formel avec le régulateur de l’aviation civile au Royaume-Uni quant à son usage dans l’espace aérien national.
Le site de Thales UK à Templecombe possède une longue expérience dans les systèmes sous-marins et le sonar pour la Royal Navy, et abrite également des activités de communication ainsi que des fonctions de commandement et contrôle. Le groupe emploie plusieurs milliers de collaborateurs dans divers sites au Royaume-Uni, notamment à Crawley, Belfast, Glasgow et Bristol.