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L’Ukraine et l’Allemagne ont signé un accord visant à développer conjointement des capacités antimissiles balistiques et des missiles intercepteurs, s’inscrivant dans une démarche européenne commune pour faire face à des menaces balistiques de plus en plus sophistiquées.

Cette initiative ambitionne de combiner les efforts ukrainiens d’élaboration d’une capacité antimissile balistique indigène avec l’expertise industrielle européenne dans les technologies de défense antimissile de nouvelle génération.

Bien qu’aucun projet précis n’ait été nommé, cette collaboration pourrait être liée au système antimissile balistique Freyja, développé par la société ukrainienne Fire Point.

Quelques jours avant la signature de l’accord, Fire Point a établi un partenariat stratégique avec le spécialiste allemand des radars Hensoldt afin d’intégrer le radar TRML-4D de cette dernière au système Freyja.

Le radar TRML-4D est déjà en service en Ukraine, où il soutient notamment les dix batteries d’air-defense IRIS-T SLM opérationnelles dans le pays ainsi que les missions de détection d’armes.

Oliver Dörre, PDG de Hensoldt, a déclaré : « La collaboration avec Fire Point sur Freyja représente une étape importante vers une contribution européenne évolutive à la défense antimissile balistique. L’Ukraine a démontré combien l’innovation peut émerger rapidement sous pression opérationnelle réelle. Notre mission est de combiner cette rapidité avec une technologie sensorielle éprouvée, une industrialisation à grande échelle et l’intégration système. Avec des fabricants locaux et des partenaires européens, nous souhaitons combler une des lacunes les plus urgentes en matière de capacités de défense aérienne et antimissile. »

Le projet Freyja

Ce projet intervient dans un contexte de progrès significatifs du secteur de la défense ukrainien, qui satisfait désormais environ la moitié des besoins de ses forces armées.

Il illustre aussi l’évolution de Fire Point, initialement fabricant de drones de frappe à longue portée, devenu développeur de systèmes de missiles de plus en plus sophistiqués, notamment le missile balistique FP-7, dont la portée est estimée à environ 200 kilomètres.

Denis Shtilerman, cofondateur de Fire Point, avait décrit Freyja comme une base pour une future architecture paneuropéenne de défense aérienne et antimissile, combinant la technologie d’intercepteurs ukrainienne avec les capteurs européens, les systèmes de commandement et de contrôle, ainsi que les composants de guidage des missiles.

Caractéristiques

Au cœur de Freyja se trouve l’intercepteur FP-7.x, dérivé du missile FP-7 en développement.

Sa vitesse annoncée de 1 500 à 2 000 mètres par seconde indique qu’il est conçu pour intercepter des menaces balistiques à grande vitesse, à condition d’être couplé à des capteurs et systèmes de guidage suffisamment performants.

Il est équipé d’un chercheur infrarouge à imagerie, et l’intégration d’un chercheur semi-actif développé par Diehl Defence est également en cours d’évaluation.

Pour le suivi des cibles et le contrôle des tirs, les équipes de développement étudient l’utilisation des radars Weibel GFTR-2100/48 et Leonardo KRONOS Land, tandis que le centre de distribution de tirs de Kongsberg devrait assurer la fonction de nœud de commandement et contrôle.

Un lanceur mobile léger, développé localement, est envisagé comme plateforme de tir.

Un élément central du système est l’intégration du réseau de données tactique Link 16, qui permettrait l’interopérabilité avec le réseau élargi de défense aérienne et antimissile ukrainien.