Suite à des frappes ciblant plusieurs postes de transformation en Crimée, la péninsule occupée subit d’importantes coupures d’électricité. Par ailleurs, l’Ukraine a révélé la mise en place du missile anti-navire norvégien NSM dans la région d’Odessa, marquant un renforcement notable de ses capacités côtières.
Des attaques sur des postes électriques en Crimée provoquent des coupures majeures
Selon des sources ukrainiennes, plusieurs postes de transformation sur la péninsule autonome de Crimée, occupée par la Russie depuis 2014, ont été bombardés, entraînant des pannes d’électricité importantes. Ces frappes s’inscrivent dans le cadre d’une campagne ukrainienne d’une durée de 40 jours visant à affaiblir les forces russes stationnées sur la péninsule, faisant suite à d’autres attaques récentes dans la région.
D’après les images satellites disponibles, la capitale régionale, Simferopol, ainsi que la grande base navale de Sébastopol, ont partiellement conservé leur alimentation électrique malgré ces attaques.
Déploiement du missile anti-navire norvégien NSM à Odessa
L’Ukraine a également présenté la présence du missile anti-navire norvégien Naval Strike Missile (NSM) dans la région d’Odessa, mis en avant lors d’une visite du président Zelensky dans la ville portuaire. Ce missile, produit par Kongsberg, est comparable au missile côtier suédois RBS-15 déjà utilisé par l’Ukraine.
Initialement, des négociations avaient eu lieu avec la Pologne pour acquérir ce système, mais aucun détail n’a filtré quant à la manière dont l’Ukraine a finalement obtenu ce matériel, qui pourrait avoir été livré directement par la Norvège dans le cadre d’un soutien militaire.
Le NSM n’apporte pas une capacité de frappe fondamentalement nouvelle, puisque l’Ukraine disposait déjà du RBS-15, employé notamment contre des installations gazières transformées par la Russie en plateformes de surveillance ou relais pour drones. Néanmoins, ce renfort augmente la volumétrie des moyens ukrainiens pour défendre ses côtes, alors que la Russie a été repoussée du secteur occidental de la mer Noire. La valorisation opérationnelle du NSM pourrait renforcer la communication autour des armes dites « éprouvées au combat » dans ce conflit.
Autres opérations ukrainiennes récentes en Crimée et sur le front
Dans la nuit, l’aérodrome de Gvardeïskoye en Crimée a de nouveau été ciblé par des bombardements ukrainiens, pour la deuxième ou troisième fois en une semaine. Deux ponts routiers ainsi que trois dépôts de munitions ont également été détruits.
En outre, des frappes ont touché des instructeurs d’élite russes spécialisés dans l’utilisation de drones, au sein du groupe Rubicon, à Pokrovsk. Selon le 7e Corps d’armée ukrainien, plusieurs bases de pilotes de drones, un nœud de communications, des stocks de munitions ainsi que jusqu’à 10-15 opérateurs russes ont été neutralisés.
Contexte stratégique et observations
Les attaques répétées sur les infrastructures stratégiques en Crimée témoignent d’une volonté ukrainienne de perturber les capacités logistiques et militaires russes sur la péninsule, considérée comme un point nodal pour le contrôle de la mer Noire.
Par ailleurs, la déclaration russe récente visant à imposer des « zones de sécurité » dans plusieurs régions ukrainiennes (Kharkiv, Dnipropetrovsk et Soumy) illustre l’ambition de Moscou d’étendre son emprise territoriale malgré les reculs sur le terrain.
Razom do peremohi ! (Ensemble vers la victoire !)