Le ministère britannique de la Défense a annoncé le 21 juillet 2026 que le HMS Tyne avait suivi de près la frégate Neustrashimy de la Flotte de la Baltique lors de son passage près des approches sud-ouest du Royaume-Uni. Après que l’équipage russe a informé le patrouilleur britannique de son intention de réaliser des exercices d’artillerie, le HMS Tyne s’est repositionné pour maintenir une distance sécurisée tout en continuant à surveiller l’exercice, qui a duré environ 30 minutes, avant de reprendre la surveillance rapprochée pendant que le navire de guerre poursuivait son trajet.
Le ministère de la Défense ne précise pas l’arme utilisée ni le nombre de projectiles tirés. Dans son communiqué, il insiste sur la vigilance constante de la Royal Navy pour protéger la sécurité nationale britannique. Les tirs réels dans un couloir maritime très fréquenté nécessitent une identification rigoureuse, des rapports de positions continus et une coordination avec les autres bâtiments et aéronefs. Un avion militaire français a également assuré une surveillance aérienne de la frégate russe, établissant un contact radio pour clarifier ses intentions, renforçant ainsi la présence alliée dans cette opération de surveillance.
Le Neustrashimy est le navire amiral de la classe Yastreb (Projet 11540), conçu à l’époque soviétique. Lancée en 1993 et réintégrée au service actif en 2023 après une refonte complète, cette frégate mesure environ 129,6 mètres de long et déplace 4 318 tonnes en charge. Son système de propulsion combine une turbine à gaz entraînant deux hélices, lui permettant d’atteindre une vitesse maximale proche de 30 nœuds. Son autonomie officielle est de 4 500 milles nautiques à 16 nœuds, ce qui lui permet d’opérer durablement depuis la Baltique, en passant par la mer du Nord jusqu’à l’Atlantique.
Le bâtiment russe est armé d’un canon naval de 100 mm monté à l’avant. Cette pièce d’artillerie est conçue pour engager des cibles de surface, aériennes et terrestres à plus de 20 kilomètres de distance, avec une cadence de tir qui peut atteindre environ 50 coups par minute.
Le communiqué officiel britannique ne confirme pas que ce canon ait été utilisé lors des tirs. La frégate Neustrashimy dispose également de 32 missiles sol-air Kinzhal, répartis en quatre modules de lancement vertical de huit cellules, ainsi que de deux systèmes de défense rapprochée Kashtan combinant missiles à courte portée et canon rotatif de 30 mm.
L’incident près de Plymouth intervient après plusieurs rencontres précédentes. Des navires et hélicoptères de la Royal Navy ont assuré une surveillance continue de la frégate amiral Grigorovich au cours du mois d’avril 2026 et maintenu cette veille durant mai et juin. En juin, la frégate russe a tiré des coups de semonce près du yacht britannique Bright Future, après avoir signalé une approche jugée dangereuse au sud de l’île de Wight.
Quelques jours plus tard, les Royal Marines ont procédé à l’abordage du pétrolier Smyrtos, autorisé à opérer dans le détroit de la Manche, lors d’une intervention de six heures soutenue par le HMS Sutherland, le HMS Ledbury et des aéronefs britanniques. Simultanément, le HMS Tyne et le HMS Mersey suivaient la frégate Grigorovich à l’ouest de Brest.
Ces événements illustrent l’interpénétration croissante entre navigation, application des sanctions et communications militaires dans la zone du détroit de la Manche. Moscou peut ainsi tester les réactions des alliés tout en mobilisant d’importantes ressources de surveillance, sans pour autant entrer dans les eaux territoriales britanniques. Londres doit rester constamment attentive, en évitant que chaque incident armé ne conduise à une escalade.
Le risque réside dans la répétition des contacts rapprochés, les versions divergentes des faits et le temps limité pour prendre des décisions. La coordination renforcée de la surveillance maritime de l’OTAN, le respect strict des procédures radio et une capacité suffisante de patrouille sont donc essentielles sur les routes d’accès à la Baltique, la mer du Nord et le détroit de la Manche.