John Cooper, député conservateur pour Dumfries and Galloway, a vivement remis en question l’utilisation des moyens de la Royal Navy pour assurer la sécurité d’une réunion informelle des ministres européens de la Défense en Irlande, prévue à Wicklow.
Dans une lettre adressée au ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, Cooper exprime son étonnement face à la demande irlandaise de soutien naval britannique, tout en imposant que tous les navires étrangers restent au-delà des 12 milles nautiques des eaux territoriales irlandaises, ce qui, selon lui, limite fortement l’efficacité de cette aide.
Il souligne notamment une lacune dans les capacités de défense aérienne de la République d’Irlande, évoquant un incident en décembre à proximité de l’aéroport de Dublin où des drones ont été détectés sans pouvoir être interceptés, faute de moyens adéquats. Bien que l’Irlande dispose de missiles sol-air RBS Bolide, leur portée reste limitée face à des menaces rapides ou évoluant en haute altitude.
Cooper critique également la politique irlandaise de neutralité militaire, jugée non suivie par des investissements suffisants, contrairement à ce que fait la Suisse. Il met en doute l’efficacité du déploiement du navire français Aquitaine, dont les missiles Aster sont peu adaptés aux menaces représentées par de petits drones rapides lorsqu’il doit rester à plus de 12 milles des côtes irlandaises.
Le député britannique questionne plus largement la coopération militaire entre le Royaume-Uni et l’Irlande, s’interrogeant sur la pertinence de déployer des forces britanniques pour ce type d’événement « informel », qui génère selon lui des coûts injustifiés pour le contribuable britannique en raison des restrictions imposées par l’Irlande.
Enfin, John Cooper en appelle à un réexamen des relations militaires bilatérales, estimant que la situation actuelle permet à l’Irlande de bénéficier d’une position de « passager clandestin » en termes de sécurité, notamment en matière de protection des infrastructures critiques et de couverture aérienne, ce qui, selon lui, devrait être mieux assumé par Dublin.
