Le Royaume-Uni et ses alliés peinent à contenir la montée en puissance des sous-marins russes, a reconnu le First Sea Lord, Général Sir Gwyn Jenkins, lors d’une interview exclusive.
Ce dernier, premier Royal Marine à diriger la Royal Navy, a mis en lumière une augmentation significative des capacités sous-marines russes, notamment via un programme avancé officiellement présenté comme de recherche.
Il a cependant insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une simple agence scientifique, mais d’un bras indépendant de l’État russe dédié à la destruction des infrastructures sous-marines critiques. Ce programme, opéré par la Direction principale de la recherche en eaux profondes (GUGI), utilise une flotte de navires spécialisés et de sous-marins de plongée profonde, notamment le navire mère Belgorod et le Yantar, un bâtiment d’observation que les autorités britanniques surveillent étroitement.
La menace vise en particulier les câbles, pipelines et interconnexions sous-marines dont dépend le Royaume-Uni pour ses données, son commerce et son énergie, une vulnérabilité difficile à sécuriser pleinement.
Pour faire face, la Royal Navy développe le projet Atlantic Bastion, un système multicouche destiné à surveiller et protéger à la fois les infrastructures sous-marines et les zones de patrouille des sous-marins nucléaires britanniques. Ce dispositif inclut un réseau de capteurs autonomes, Atlantic Net, dont le déploiement devrait commencer d’ici la fin de l’année après la sélection d’un consortium préféré.
Le Royaume-Uni s’appuie aussi sur ses sous-marins de classe Astute, les frégates Type 26 remplaçant progressivement les Type 23, et la flotte d’avions P-8A Poseidon basée à RAF Lossiemouth, tous dédiés à la protection de la dissuasion nucléaire et du groupe aéronaval.
Enfin, l’entretien, riche en informations stratégiques, aborde également la réforme de la sélection et de la formation des officiers, l’innovation au sein de la flotte et le rôle des partenariats industriels dans la modernisation navale.
