Les États-Unis assurent l’accès à une flotte de 60 navires commerciaux et plus de 2 400 marins formés grâce au Maritime Security Programme (MSP) pour un coût annuel inférieur à celui de cinq chasseurs F-35A. Ce modèle, recommandé pour une adoption plus large par l’OTAN, offre un exemple efficace de gestion stratégique du transport maritime militaire.
Le MSP englobe des navires américains, détenus par des privés, arborant le pavillon américain et navigués par un équipage américain. Ces navires fonctionnent en exploitation commerciale normale mais peuvent être mobilisés rapidement pour répondre aux exigences de défense.
En 2026, le coût annuel total du programme s’élève à environ 390 millions de dollars (soit près de 288 millions de livres). Chaque navire bénéficie d’un paiement de retenue pour disponibilité d’environ 6,5 millions de dollars par an. À titre de comparaison, le coût unitaire à l’acquisition d’un F-35A est évalué à 83 millions de dollars (61,2 millions de livres).
Cette approche permet aux autorités américaines de conserver une capacité de transport maritime stratégique sans être obligées de maintenir une flotte commerciale étatique ou affrétée en permanence. Le dispositif Voluntary Intermodal Sealift Agreement (VISA) complète ce système en offrant aux opérateurs priorités sur les cargaisons de défense pendant la paix en échange de leur engagement en cas de crise.
Pour l’OTAN, la création d’un programme semblable appelé NATO Assured Sealift Access Programme (NASAP) est proposée. Son objectif serait d’établir un pool parallèlement à la planification opérationnelle de l’Alliance, regroupant des navires commerciaux à l’échelle collective, et non au niveau national, afin de pallier la faiblesse des trafics militaires dans certains États membres.
Un tel programme impliquerait des exercices réguliers, une sélection conjointe des navires répondant aux besoins militaires, et une coordination renforcée pour garantir une disponibilité contractuelle avant toute crise. Il pourrait également nécessiter une mutualisation des fonds de l’Alliance, à l’image des coopérations dans le domaine des avions de surveillance AWACS.
Cette initiative contribuerait à remplacer les hypothèses de disponibilité commerciale par des engagements fermes, offrant ainsi aux marins et aux planificateurs militaires une assurance précieuse face aux défis logistiques posés par le renforcement des capacités de l’OTAN.
