Japon et Corée du Sud modernisent substantiellement leurs forces navales en réponse à l’expansion rapide de la flotte chinoise et aux menaces croissantes posées par les programmes de missiles nord-coréens.
Entre 2019 et 2023, la marine chinoise a construit 39 navires de guerre totalisant un déplacement de 550 000 tonnes, atteignant en 2024 un total de 332 navires de combat, dépassant ainsi la marine américaine, qui en compte 319.
Au Japon, le projet phare est la construction de deux navires équipés du système antimissile Aegis. Chaque bâtiment de 14 000 tonnes sera doté d’un radar Lockheed Martin SPY-7(V)1 et de 128 cellules de lancement vertical Mk.41 pouvant accueillir des interceptors SM-2, SM-3, SM-6 ainsi que des missiles antinavires Tipo 12 et des missiles de croisière Tomahawk. Ces navires, construits par Mitsubishi Heavy Industries et Japan Marine United, doivent entrer en service en 2028 et 2029.
Par ailleurs, le Japon remplace ses anciens sous-marins de la classe Oyashio par un nouveau submersible de classe Taigei tous les ans depuis 2022. Deux porte-hélicoptères de la classe Izumo sont aussi en cours de transformation pour accueillir des chasseurs F-35B STOVL, avec une modernisation prévue jusqu’en 2027.
La Corée du Sud développe ses propres capacités sous-marines nucléaires, autorisée par les États-Unis pour contrer le programme nord-coréen de sous-marins nucléaires lanceurs de missiles balistiques. Le pays prévoit également la mise en service d’ici 2032 d’un nouveau destroyer de la classe KDDX, d’environ 7 000 tonnes, intégrant principalement des technologies nationales dont un système de gestion de combat et des lanceurs verticaux, avec une propulsion équipée de turbines à gaz GE Aerospace LM2500+G4. Le constructeur Hanwha Ocean prendra en charge la construction du premier de ces navires.