Plus de six mois après la signature du contrat entre l’Autriche et Leonardo pour l’acquisition de 12 avions M-346FA Block 20, les engagements de compensation industrielle de 400 millions d’euros pris par le groupe italien restent à concrétiser. Aucun accord officiel n’a été signé avec l’industrie autrichienne, suscitant une inquiétude croissante à Vienne.
Un contrat à 1,5 milliard d’euros avec promesse d’investissement local
En novembre dernier, l’Autriche a officialisé son choix du M-346FA pour moderniser sa force aérienne, sélection préférée notamment pour les avantages économiques et industriels annoncés. Ce contrat intergouvernemental comprend, outre les avions, des formations, de la logistique et une assistance technique, avec des livraisons prévues dès 2028.
Leonardo s’était engagé à générer environ 400 millions d’euros de commandes pour les entreprises autrichiennes, via des projets en aéronautique, chaîne d’approvisionnement, digitalisation, matériaux, simulation et capteurs. L’objectif est de renforcer la souveraineté technologique et de valoriser le tissu industriel local, qui emploie environ 11 000 personnes dans la défense et 20 000 dans les chaînes de sous-traitance.
Un contexte tendu et des négociations compliquées
Cependant, les entreprises autrichiennes déplorent un manque de progressions tangibles. Les échanges avec Leonardo sont jugés difficiles, avec peu de résultats jusqu’à présent et une réunion récente qui a davantage porté sur des formalités administratives que sur des opportunités de collaboration concrètes. Des problèmes d’organisation et des barrières linguistiques ont également nui aux discussions.
Ce contexte rappelle les précédentes mésaventures de l’Autriche avec Leonardo dans le cadre du programme Eurofighter Typhoon, qui avait débouché sur des accusations judiciaires, finalement rejetées, liées à des surcoûts et au non-respect des compensations industrielles. Cette expérience renforce la vigilance des industriels autrichiens face à cette nouvelle collaboration.
Des perspectives mitigées pour Leonardo sur le marché international
Malgré une communication optimiste de l’entreprise, mettant en avant les succès commerciaux récents au Canada et en Indonésie, la compétition reste rude internationalement. Leonardo a notamment perdu plusieurs appels d’offres stratégiques, y compris en Pologne, au Japon et en Espagne, où des concurrents turcs, sud-coréens ou américains comme Boeing se positionnent fortement.
Le M-346 fait face notamment à la montée en puissance du Boeing T-7A Red Hawk, favorisé par des alliances militaires et des perspectives d’interopérabilité, notamment au Japon et au Royaume-Uni, ce qui pourrait influencer en profondeur les futures décisions d’achat à l’échelle internationale.
En résumé
Leonardo reste sous pression tant pour tenir ses promesses de retombées industrielles en Autriche que pour convaincre sur la scène mondiale face à une compétition accrue. La concrétisation du paquet industriel de 400 millions d’euros sera un enjeu majeur pour maintenir la crédibilité du groupe auprès de ses partenaires européens et internationaux.