Le Royaume-Uni et le Japon ont convenu de renforcer leur coopération en matière de défense et de sécurité, a annoncé samedi le Premier ministre britannique Keir Starmer, quelques jours après que sa tentative de rapprocher le Royaume-Uni de la Chine ait suscité des mises en garde de la part du président américain Donald Trump.
Keir Starmer a souligné que le Japon et le Royaume-Uni étaient des économies majeures du transpacifique, aux côtés du Canada, autre membre du G7, ainsi que d’autres accords internationaux en matière commerciale et de défense.
« Nous avons défini une priorité claire : bâtir un partenariat encore plus profond dans les années à venir », a déclaré Starmer aux côtés de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, à l’issue d’une réunion bilatérale à Tokyo.
« Cela inclut la collaboration pour renforcer notre sécurité collective, aussi bien dans la région euro-atlantique qu’en Indo-Pacifique. »
Sanae Takaichi a annoncé qu’ils avaient convenu d’organiser cette année une réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense britannique et japonaise. Elle a également évoqué son souhait d’aborder « la coopération pour réaliser un Indo-Pacifique libre et ouvert, ainsi que les situations au Moyen-Orient et en Ukraine » lors d’un dîner avec Starmer plus tard dans la journée.
Le Premier ministre britannique était arrivé à Tokyo pour une escale d’une journée, après une visite de quatre jours en Chine durant laquelle il a suivi l’exemple d’autres dirigeants occidentaux cherchant à s’adapter à l’orientation de plus en plus imprévisible des États-Unis.
Ces dernières semaines, les chefs d’État et de gouvernement de la France, du Canada et de la Finlande se sont également rendus à Pékin, réagissant avec prudence à la tentative de Donald Trump de saisir le Groenland et à ses menaces tarifaires envers les alliés de l’OTAN.
Donald Trump avait averti jeudi que les relations entre le Royaume-Uni et la Chine étaient « très dangereuses », un message que Keir Starmer a écarté sans s’y attarder.
Les liens entre Tokyo et Pékin se sont dégradés depuis que Sanae Takaichi a suggéré en novembre que le Japon pourrait intervenir militairement en cas d’attaque éventuelle contre Taïwan, île autonome et démocratique que la Chine considère comme une province rebelle.
Lors de sa visite en Chine, Keir Starmer a rencontré le président Xi Jinping et le Premier ministre Li Qiang jeudi. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer les relations bilatérales.
Starmer a par ailleurs signé plusieurs accords, dont l’un permet désormais – à une date non précisée – aux citoyens britanniques de voyager en Chine sans visa pour des séjours inférieurs à 30 jours, a annoncé Downing Street.
Sanae Takaichi a précisé que les deux dirigeants s’étaient aussi accordés sur l’importance de renforcer « de toute urgence » la sécurité économique, en particularité les chaînes d’approvisionnement pour des minerais stratégiques.
Ces minerais rares sont essentiels à la fabrication de nombreux équipements, allant des véhicules électriques aux missiles. Or, la Chine, premier producteur mondial, a instauré en octobre de nouvelles restrictions à l’exportation de terres rares et des technologies associées.
Ce sujet demeure un point de blocage majeur dans les négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis.
Par ailleurs, le Royaume-Uni, le Japon et l’Italie coopèrent au développement d’un nouvel avion de combat, marquant un tournant pour Tokyo, qui s’était jusqu’ici largement appuyé sur les États-Unis pour son équipement militaire.