La Royal Navy explore une acquisition rapide d’une capacité anti-drone maritime dans le cadre d’une nouvelle initiative de pré-acquisition baptisée Project TALON, selon une demande d’informations publiée par le ministère de la Défense britannique.
Cette notification, diffusée sur la plateforme Contracts Finder, sollicite l’avis de l’industrie sur des systèmes capables de détecter, suivre, identifier et neutraliser les véhicules aériens sans pilote (UAS) depuis des plateformes maritimes. L’objectif est de fournir une capacité déployable rapidement et pouvant être installée à bord des navires de la Royal Navy avec une intégration minimale.
Le texte de la demande d’informations précise que la Marine britannique souhaite « une capacité anti-UAS rapidement acquise et installable, adaptée aux plateformes maritimes, capable de détecter, suivre, identifier et neutraliser des menaces aériennes ». Ces systèmes doivent fonctionner avec un haut degré d’autonomie et pouvoir être déployés sur des navires habités en modifiant au minimum les systèmes existants. Le ministère privilégie des solutions matures, rapidement opérationnelles.
Le document souligne que cette initiative vise à accélérer le processus d’acquisition par rapport aux procédures traditionnelles de défense. Le ministère indique vouloir mener une enquête rapide sur le marché et, si des systèmes adaptés sont identifiés, passer prestement à la contractualisation et à la livraison. L’appel précise que « Project TALON cible des produits matures, nécessitant peu ou pas d’intégration, avec des fournisseurs capables d’opérer rapidement », avec l’ambition d’obtenir une capacité initiale en environ un mois après sélection.
Project TALON vise à offrir des capacités tant cinétiques que non-cinétiques pour contrer la menace croissante des drones aériens. Le ministère précise que le programme « livrera des effecteurs et capteurs cinétiques et/ou non-cinétiques permettant une capacité évolutive pour les unités de la Royal Navy », tout en introduisant une approche système-complexe utilisant plusieurs effecteurs à faible coût. Il s’agit de garantir des configurations de mission flexibles, capables de s’associer à des systèmes de missiles plus avancés face à un environnement de menace en rapide mutation.
La demande met en avant le défi grandissant posé par la prolifération des drones et la nécessité de réponses modulables. Elle souligne que la force exige « un mélange d’effecteurs cinétiques et non-cinétiques pour faire face à une masse de menaces issues de la prolifération des systèmes aériens sans pilote, en complément des systèmes de missiles complexes actuels ». Les solutions doivent pouvoir neutraliser des drones de classe 2 au standard OTAN, que ce soit par des attaques électroniques ou physiques.
Les exigences opérationnelles indiquent que ces systèmes doivent protéger une zone étendue autour du navire hôte. La surface à défendre varie d’environ « 100 km² (seuil minimum) à 2 500 km² (objectif) », selon la capacité proposée. Le ministère attend également la gestion d’un grand nombre de cibles simultanément, précisant qu’une plate-forme doit pouvoir neutraliser « 25 cibles (seuil)… avec pour objectif 100 cibles, avant réapprovisionnement ».
Du fait de la volonté de déploiement rapide et d’intégration limitée à bord, la demande suggère que les systèmes reposent largement sur leurs propres capteurs et fonctionnent de manière très autonome. Les solutions doivent pouvoir exploiter en priorité les données des capteurs embarqués et minimiser la charge opérateur pendant les engagements, facilitant ainsi leur déploiement sur différentes plates-formes avec peu d’adaptations.
Les conditions d’installation et de maintenance insistent elles aussi sur la simplicité et la rapidité. Le matériel doit être installé et certifié rapidement pour maximiser la disponibilité du navire. Le ministère espère que les solutions utiliseront en priorité des interfaces navales standards et imposeront peu de maintenance. Elles ne doivent pas non plus interférer significativement avec d’autres activités à bord, notamment les opérations aériennes.
Pour l’évaluation, le ministère précise que la capacité minimale viable doit démontrer sa capacité à neutraliser des drones depuis une plate-forme maritime habitée en opération en mer. Comme l’indique la demande, « Le produit minimum viable à évaluer doit être capable de démontrer un effet contre des UAS depuis une plate-forme maritime habitée évoluant en mer ».
La date limite de réponse à cette demande d’informations est fixée au 17 mars 2026.