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La Royal Navy britannique déploie un système modulaire nommé Beehive, intégrant des embarcations autonomes à grande vitesse appelées Kraken, dans le cadre de sa contribution à la mission multinationale visant à sécuriser le détroit d’Hormuz. Ce déploiement marque la première opérationnelle de cette capacité autonome de surface en développement au sein de la flotte britannique.

Selon le ministère de la Défense, le système Beehive a été conçu pour permettre à une force multinationale de détecter, suivre, identifier et neutraliser des menaces potentielles grâce à des plateformes autonomes plutôt que des navires traditionnels équipés d’équipage. Cette solution modulaire est adaptable et peut être installée sur différents navires hôtes, s’inscrivant dans une stratégie plus large de la Royal Navy vers ce qu’elle appelle une « Marine Hybride », combinant à la fois des plateformes habitées et sans équipage dans ses opérations.

Le RFA Lyme Bay, navire auxiliaire de classe Bay spécialisé dans le transport et le débarquement, fait actuellement l’objet d’une modernisation. Son objectif est de le transformer en navire mère dédié aux systèmes autonomes, en cas d’intervention dans le détroit d’Hormuz. Cette conversion illustre parfaitement l’approche de la Royal Navy qui privilégie le développement des capacités autonomes intégrées à sa flotte actuelle, plutôt que l’attente de navires spécialement conçus pour ces missions.

Les embarcations Kraken, cœur du système Beehive, sont des navires de surface autonomes à grande vitesse. Dans un environnement de détroit, où les menaces peuvent inclure des vedettes rapides d’attaque côtière, des mines et des dangers sous-marins dans des eaux restreintes et très fréquentées, la capacité à déployer un grand nombre de capteurs et d’actionneurs autonomes représente un avantage stratégique majeur. Ces plateformes sans équipage peuvent opérer dans des zones jugées trop dangereuses ou confinées pour des navires habités, tout en assurant une couverture continue sans les contraintes liées à la fatigue des équipages et à la logistique des patrouilles classiques.

Les 115 millions de livres sterling de financement nouvellement annoncés dans le cadre du plan élargi pour la sécurité du détroit d’Hormuz sont consacrés aux drones pour la chasse aux mines et aux systèmes anti-drones, indiquant que l’élément autonome de la contribution britannique dépasse les navires de surface pour inclure des capacités aériennes et sous-marines sans équipage. La chasse aux mines, longtemps considérée comme l’une des tâches navales les plus dangereuses et chronophages, constitue depuis plusieurs années une priorité pour la Royal Navy dans sa transition vers des systèmes autonomes.