La Chine a accusé les avions de guerre et navires japonais de multiples « provocations » et d’opérations de surveillance lors du déploiement d’un groupe de porte-avions dans le Pacifique occidental, engagé dans des exercices avec tirs réels.
La chaîne étatique CCTV a diffusé lundi une vidéo montrant au moins quatre rencontres à courte distance, affirmant que le groupe de porte-avions Liaoning avait « averti » les bâtiments de guerre et avions de reconnaissance japonais.
Les images présentent des navires de guerre nippons ainsi que des séquences d’avions, dont au moins une capturée en plein vol. Pékin n’a toutefois pas précisé les lieux ni les dates exactes de ces rencontres. De son côté, Tokyo n’a pas encore répondu à ces accusations.
Selon CCTV, le groupe d’attaque du Liaoning est retourné lundi à son port-base de Qingdao après avoir mené un entraînement de combat de longue portée de 40 jours, couvrant notamment le mer de Chine méridionale et le Pacifique occidental.
« Durant cet exercice, les navires et aéronefs japonais ont à plusieurs reprises traqué, surveillé, harcelé et provoqué à courte distance les forces chinoises », rapporte CCTV.
« Le groupe d’attaque du porte-avions Liaoning est resté en état d’alerte élevé en permanence, organisant de manière continue des décollages de combat d’avions embarqués, ajustant avec souplesse ses formations de combat, et gérant avec professionnalisme et prudence les actions dangereuses du côté japonais. »
Début juin, le ministère chinois de la Défense avait déclaré que ces exercices s’inscrivaient dans un programme de formation standard et « ne visaient aucun pays ou objectif spécifique ».
Le porte-parole du ministère, Zhang Xiaogang, a déclaré : « Pendant l’entraînement, les Japonais ont répété leur suivi et leur surveillance du groupe, auquel la formation navale chinoise a répondu conformément aux lois et règles en vigueur. »
Il a ajouté : « La surexagération dont fait preuve le Japon concernant les actions légitimes de la Chine constitue une tentative de créer des tensions et de tromper l’opinion publique ; cela ne réussira pas. »
Tokyo a fourni des mises à jour régulières sur les activités du groupe de porte-avions depuis le lancement de l’exercice en mai.
Lundi, le Japon a publié des photographies de trois navires militaires, précisant avoir déployé le destroyer Asahi et un avion de patrouille P-3C pour surveiller le Liaoning, accompagnés d’un destroyer de type 055 et d’un autre de type 052D, lors de leur passage par le détroit de Miyako dans l’archipel des Ryukyu deux jours plus tôt.
Le ministère de la Défense japonais avait également déclaré que ses navires avaient suivi les manœuvres du groupe à l’est des Philippines, observant environ 170 décollages et appontages du porte-avions dans les eaux au sud du Japon sur une période de trois jours fin mai.
Ces derniers mois, les tensions entre Pékin et Tokyo se sont intensifiées alors que le Japon adopte une posture plus ferme sur la scène internationale.
La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, avait provoqué la colère de Pékin en novembre dernier en affirmant qu’une attaque contre Taïwan pourrait entraîner une intervention militaire.
Le mois dernier, Pékin a vivement critiqué les initiatives conjointes de Tokyo et Manille visant à entamer des négociations sur leurs frontières maritimes respectives, incluant les zones économiques exclusives ainsi que le plateau continental dans les eaux proches de Taïwan.
La Chine considère Taïwan comme une province rebelle et n’a jamais renoncé à l’usage de la force pour en assurer la réunification avec le continent. La majorité des pays, y compris le Japon et les Philippines, ne reconnaissent pas Taïwan comme un État indépendant.
Par ailleurs, le gouvernement Takaichi pousse à une révision de sa politique de défense dans le sens d’une posture plus proactive, un changement vivement dénoncé par Pékin comme un retour de l’idéologie militariste qui a conduit à l’agression japonaise durant la Seconde Guerre mondiale.