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Les chercheurs de l’armée américaine modernisent les procédures de franchissement des obstacles en intégrant l’intelligence artificielle (IA) pour détecter les explosifs, améliorant ainsi la létalité et la protection des soldats sur le champ de bataille.

Face à des menaces de plus en plus sophistiquées, les scientifiques et ingénieurs de l’Armée développent des solutions permettant une surveillance persistante du terrain, garantissant une meilleure protection des forces. Le Centre C5ISR (Command, Control, Communications, Computers, Cyber, Intelligence, Surveillance and Reconnaissance) dirige le projet Ground-based Multi-Mission Payload (GMMP).

Le franchissement des champs de mines a toujours été une mission extrêmement périlleuse pour les troupes. En automatisant la tâche répétitive et fatigante du balayage manuel des menaces, les soldats peuvent concentrer leur attention sur l’environnement tactique global tout en réduisant leur charge cognitive. Si les systèmes aériens sans pilote couvrent de larges zones, les plateformes terrestres restent indispensables pour détecter les dangers invisibles depuis les airs.

Beth Ferry, directrice du Centre C5ISR, souligne : « Nos compétences techniques en détection avancée, renseignement, ainsi que commandement et contrôle, offrent des avantages essentiels à nos soldats — une meilleure connaissance de la situation, une rapidité opérationnelle accrue et une sécurité renforcée. »

Le prototype GMMP repose sur un ensemble de matériels et de logiciels alimentés par l’IA, équipés de capteurs sophistiqués installés sur divers véhicules terrestres et robots : un véhicule militaire spécialement aménagé, un robot quadrupède, ainsi que le Squad Multipurpose Equipment Transport (SMET), une plateforme robotique lourde polyvalente à huit roues capable de réaliser diverses missions complexes, explique Kendall Johnson, physicien au Centre C5ISR et responsable technique du projet.

Le modèle d’IA détecte, classe et signale en temps réel les menaces explosives, s’intégrant parfaitement à l’écosystème Tactical Assault Kit, qui donne une image opérationnelle commune à toute l’équipe, aussi bien à l’intérieur des véhicules qu’au poste de commandement. Cette automatisation transforme des heures de détection manuelle en une opération quasi instantanée, permettant aux soldats d’identifier les dangers à distance sécurisée.

Kendall Johnson précise également : « Le système repose sur une architecture IA ouverte, développée et propriété du gouvernement, conçue par des experts de l’Armée. Cette plateforme peut intégrer les meilleurs algorithmes de n’importe quelle source, à tout moment. Le concept reste pertinent sur le long terme grâce à sa capacité d’adaptation aux nouvelles technologies émergentes. »

Selon le Dr Amin Abbasi Baghbadorani, responsable du portefeuille Contre-mine sol à sol au C5ISR Center, un autre objectif du projet est de dépasser les systèmes contre-explosifs actuels souvent limitées par des logiciels et matériels propriétaires, et à usage unique.

« GMMP est basé sur un concept modulaire permettant l’intégration de matériels commerciaux prêts à l’emploi », explique-t-il. « Son architecture ouverte facilite l’adaptation rapide à de nouveaux véhicules, capteurs et algorithmes d’IA. Ces capacités sont compatibles avec toute plateforme et leur transfert est simplifié. »

La collaboration avec les sous-officiers affectés au Centre est essentielle pour doter les soldats des meilleurs outils en termes de létalité et de survie, souligne Kendall Johnson.

« Les retours des sous-officiers sont excellents, car ils sont sur le terrain, ce qui nous permet d’apporter des modifications immédiatement et de mettre à jour les systèmes. Cela accélère considérablement l’avancement du projet », ajoute-t-il.

Le sergent-chef Michael Havens, conseiller militaire au C5ISR Center, collabore avec les scientifiques et ingénieurs en apportant son expertise opérationnelle en systèmes de communication réseau.

« Il y a une boucle de rétroaction instantanée », souligne-t-il. « Les soldats reçoivent la technologie, apprennent à l’utiliser, puis la testent en situation. Nous leur indiquons comment rendre le système plus simple d’utilisation et plus efficace. La connaissance de la situation est cruciale : plus elle est élevée, plus on peut élaborer des plans efficaces pour opérer, naviguer et manœuvrer. »

Les prochaines étapes du projet consistent à faire évoluer le prototype vers une démonstration multi-plateformes, avec des essais prévus dans divers climats et environnements. Il est essentiel que le système fonctionne dans un large éventail de conditions rencontrées par les soldats, qu’il s’agisse d’extrêmes températures, d’humidité, de sable, de poussière, de végétation, de neige, de glace ou encore de différents types de sols et d’herbe.

« Notre priorité est d’adapter le système à des environnements plus complexes afin de valider sa capacité globale », conclut le Dr Abbasi Baghbadorani.