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Des chasseurs F-35 déployés depuis le porte-avions britannique HMS Prince of Wales participent aux opérations de police du ciel de l’OTAN pour protéger l’espace aérien au-dessus de l’Islande et du Grand Nord. C’est la première fois que l’alliance mène ce type de mission depuis un porte-avions européen, a annoncé le ministère britannique de la Défense.

Le secrétaire à la Défense, Dan Jarvis, s’est rendu à bord du navire stationné au large de l’Islande, accompagné de la ministre islandaise des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir. Le navire-amiral de la Royal Navy est déployé sous commandement de l’OTAN à la tête d’un groupe aéronaval comprenant le destroyer Type 45 HMS Duncan et le ravitailleur RFA Tidespring, avec plus de 1 500 militaires britanniques embarqués à travers ces unités.

La police du ciel est une mission permanente de l’OTAN en temps de paix visant à protéger l’espace aérien des alliés. L’Islande, qui ne dispose pas de force militaire propre, s’appuie sur des avions alliés basés à Keflavik, en rotations régulières depuis 2008. Installer cette mission sur un porte-avions en mer, plutôt que sur une base terrestre, représente une nouveauté pour l’alliance. Les chasseurs ont déjà été engagés au-delà des simples tâches de surveillance : deux F-35B partis du navire ont intercepté le 2 juillet un avion russe Tu-142 Bear F, qui avait effectué plusieurs passages à basse altitude près du porte-avions et déployé une dizaine de bouées acoustiques à proximité. Le ministère a qualifié cette activité d’« insecure et non professionnelle ».

« Nous vivons une époque de plus en plus dangereuse et incertaine, et ce type de déploiement, soutenu par nos alliés et partenaires dont l’Islande, renforce notre dissuasion et notre défense au sein de l’OTAN », a déclaré Dan Jarvis, soulignant les 298 milliards de livres sterling investis dans la défense britannique au cours des quatre prochaines années « pour améliorer la préparation opérationnelle et garantir à nos forces le matériel et la technologie nécessaires ».

Pour sa part, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir a souligné que la présence du groupe aéronaval « constitue une démonstration claire de la présence renforcée de l’OTAN dans cette région stratégiquement importante, à laquelle l’Islande est fière de contribuer ». Elle a ajouté que des initiatives telles qu’Arctic Sentry reflètent l’engagement commun de l’alliance face aux défis du Nord Atlantique et de l’Arctique.

Ce déploiement intervient alors que le Royaume-Uni prend le commandement de deux nouvelles structures au sein de l’alliance. Les forces spéciales britanniques ont pris la tête du Special Operations Component Command intégré à la Force d’Intervention Alliée (Allied Reaction Force, ARF) depuis le 1er juillet. Ce commandement est considéré comme la pointe avancée capable de déployer des forces partout dans le monde en quelques jours. Parallèlement, le Royaume-Uni a également pris le contrôle de la composante maritime de l’ARF sous l’autorité du contre-amiral Mark Anderson et de son état-major. Le HMS Queen Elizabeth, fraîchement revenu d’une importante remise à niveau à Rosyth, est en cours de préparation pour devenir le quartier général flottant de cette force plus tard cette année, conférant ainsi à ses deux porte-avions des rôles stratégiques au sein de l’OTAN.